I . Arclievcché
\ves- Alexandre de Marheiif. 20
tesse, ramena certainement l'évêque de Mâcon à un emploi plus mesuré des largesses de l'Église.
Charrier de la Roche qui, écrivant aux Réunis le 29 mai, offrait de proposer à M. Moreau une conférence, avait trop présumé de Tévèque de Mâcon. S'il avait toléré, prêté peut-être, le serment de liberté-égalité, et s'il avait été trop large à l'égard des pauvres tombés, M. Moreau n'en était pas moins un évêque fermement attaché à l'Église catholique. Sans quitter un instant le champ où il pouvait cueillir la palme du mart3Te, il se dévoua d'une manière admirable au soin de son troupeau. A toutes les propositions de Charrier, M. Moreau opposa une fin de non-recevoir absolue. Dans sa lettre du 27 juillet. Charrier l'accusera « de faire la sourde oreille et de tenir au parti dissident M).
Au nombre des retours qui consolèrent l'Église et réjouirent le cœur de M. Marbeuf, il convient de signaler, vers ce temps, celui de M. Navare, ex-curé de Saint-Nizier, vicaire général et promoteur. Nicolas Navare était un esprit extrêmement fiiible. Quand vint l'époque du serment, il le prêta sans restriction : il aimait ses paroissiens au point qu'il n'avait pu se résoudre à abandonner sa cure. Après l'affaire du lé mars, affaire Linsolas, M. Navare annonça à la Municipalité qu'il résignait sa cure à son frère Claude-François, chanoine-chantre de Saint-Nizier. Cette démarche rendit sa situation vis-à-vis de M. de Marbeuf plus délicate encore; car il paraissait attribuer aune assemblée de laïcs des pouvoirs appartenant à l'Église. La défection de M. Nicolas Navare fut désastreuse entre toutes : par son exemple et ses conseils, le vicaire général entraîna à sa suite plus d'un hésitant. Jeté, en mai 1793, dans les prisons deSaint-Marcellin, il y séjourna jusqu'à la fin d'octobre de l'année suivante. Il eut le courage de se rétracter (26 mai 1796). On donna à sa rétractation la plus grande publicité. Vers ce temps eut lieu le retour de M. Jean Collomb, chanoine-sacristain, curé de Saint-Paul. Ce prêtre, jureur, rétracté, rejureur, schismatique, était lui aussi d'un caractère très faible : on le jugeait incapable de prendre un parti.
L'année 1796 se termina, pour M. de Marbeuf, au sein d'une grande joie. Sur son ordre, M. Linsolas avait parcouru une partie