‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 135 sur 191 · I. Collection de M. Gazier · texte numérisé non relu

I. Collection de M. Gazier

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se plaint de ce que ladministration civile ne se décide pas à rouvrir les églises : il va jusqu'à Taccuser de favoriser les insermentés.

Une certaine inquiétude se manifestait alors dans le camp des constitutionnels. Charrier de la Roche avait appris, par le Courrier français du i8 juillet, que assermentés et insermentés s'étant réunis à Paris dans une sorte de synode, vingt-trois assermentés d'abord, puis bientôt quinze autres, avaient rétracté leur serment et donné l'accolade cà leurs confrères catholiques. Le bruit courait que le Pape avait adressé une lettre aux prêtres de France pour faciliter le retour des égarés : il exceptait toutefois les évêques constitutionnels; il ne lèverait l'excommunication que s'ils rétractaient leur serment et déposaient à ses pieds leurs lettres d'épiscopat. Charrier demande si ces nouvelles sont vraies et, dans l'affirmative, quel parti on va prendre à Paris. Théoriquement il prépare le retour; il cherche comment il va tomber, sans avoir trop d'humiHation à éprouver, dans les bras de l'Eglise.

<( La rétractation du serment, dit-il, ne doit effaroucher personne, puisque la Nation nous en a relevés par Tabolition de la Constitution civile du clergé, et puisque la dernière décision du Comité de législation nous confirme cette liberté. S'il fallait se rétracter comme d'une démarche impie et sacrilège, je ne crois pas qu'on dût le faire ; personne n'a eu de telles intentions ; nous en avions de toutes contraires, et nous n'avons jamais cessé de protester de notre soumission canonique au Chef de l'Église, et de l'intégrité de notre foi. Mais si, pour le bien de la paix, pour empêcher le triomphe des incrédules et sauver la Religion, il n'est question que de révoquer son serment, il me semble que, sans altérer en rien la fidélité que nous devons aux lois de notre pays, nous pouvons y renoncer, nous rapportant au jugement qu'en portera l'Église, ou son Chef, dans une décision canonique. Mais il faut le faire tous ensemble, pour ne pas se séparer, et y mettre la dignité convenable pour le bien même de la Religion qu'il ne faut pas avilir en avilissant ses ministres... A l'égard de nos lettres d'épiscopat à déposer aux pieds du Pape, les évêques du dernier régime nous en ont donné l'exemple : ils envoyèrent leur démission au Pape en 179 1 pour en faire ce qu'il voudrait. Il n'y a aucun inconvénient à suivre leur exemple, en appuyant cette démarche

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d'un Mémoire explicatif des motifs de notre conduite, fondée sur la nécessité impérieuse des circonstances, la charité de l'Eglise, les dangers que courait alors la Religion, et la sagesse de la réforme proposée qu'on croyait entrevoir d'après les plus purs canons de l'Eglise. »

Mais la difficulté sera de faire parvenir tout cela au Pape : « Estil permis, tant que la guerre durera, de lui écrire, après cette sorte de prévention qu'il a fait éclater contre la Nation française ? Ne seronsnous pas suspects si nous lions cette correspondance ? Ne suffit-il pas qu'elle soit en disposition dans notre esprit, jusqu'à ce que les circonstances, et surtout la paix générale, permettent de nous livrer à toute l'effusion de notre cœur ? Enfin, pour y suppléer, ne seraitil pas suffisant de faire un écrit public, où ces sentiments seraient consignés et lui arriveraient par la simple voie de la circulation des nouvelles ? Cette démarche n'édifierait-elle pas les fidèles et, en réunissant les pasteurs, ne produirait-elle pas le bien spirituel du troupeau ? Cette position, ce mur de division, ne peut subsister, dans l'état actuel des choses, sans porter un grand préjudice à la religion et accréditer les victoires de l'incrédulité. »

Charrier annonce que le Presbytère de Lyon, qui vient de s'organiser, est dans l'intention de faire une adresse aux prêtres insermentés de ce diocèse pour provoquer la réunion désirée. « Si, ditil, la circulaire ne produit pas tout le fruit qu'on est en droit d'en attendre, du moins elle fera connaître que ce n'est pas l'esprit de schisme, mais celui de paix et de charité », qui anime les constitutionnels \

Trois jours après, (27 juillet 1795), Charrier, dans une nouvelle lettre à Grégoire, revient sur l'idée qui lui est chère, et demande une réponse catégorique. Il travaille dès ce moment à un projet de Déclaration qu'il soumettra au Conseil des Réunis. « Il faut agir de concert, dit-il, si nous nous déterminons à la démarche en question. Plus j'y pense, plus je la crois décisive; elle déconcertera nos ennemis; elle produira des fruits d'édification ; elle préviendra les bavardages des ignorants ; elle nous honorera, car, en révoquant un serment déjà supprimé et dont la Nation nous a relevés de fait et de droit, ...nous n'y renoncerons pas comme à une démarche impie et

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