Ibid
S. Ibid.
vif, dépité et humilié. Comme la réponse l'atteignait personnellement, puisque lui-même avait inspiré la démarche, il se chargea de la riposte. « J'ai fait aux vicaires généraux, dit-il, une réplique vigoureuse que je termine en leur disant : qu'ils nous offrent plus que nous ne leur demandons ; il suffira qu'ils nous obtiennent du gouvernement la permission de conférer avec cet émigré [M. de Marbeuf] pour ne pas être exposés aux peines prononcées dans ce cas, et alors nous l'instruirons des abus qui se commettent en son nom dans ce diocèse. Et je finis, ajoute-t-il, par leur offrir une conférence pacifique et par écrit : c'est Là où nous en sommes '. »
Fidèles à suivre les conseils de leur Archevêque, les vicaires généraux de Lyon cessèrent toute correspondance avec le Presbytère.
Charrier mande aux Réunis, le 29 novembre 1795, qu'à la demande du Presbytère de L3^on, il vient de composer une Instruction pastorale adressée aux fidèles et aux ministres sacrés de ce diocèse, à l'occasion de la prochaine ouverture des églises <( qui nest pas encore opérée. » Il fait les Instructions, mais il refuse obstinément de procéder à la consécration et bénédiction des saintes huiles: il en demande à Paris. Il se refuse aussi à organiser, comme on l'en avait prié, le Presbytère d'Autun, n'y connaissant personne, étant éloigné de 25 lieues. Il a d'ailleurs entendu dire que ce diocèse « était livré à des fanatiques qui y régnaient exclusivement. »
Les constitutionnels se hâtèrent donc de profiter des avantages que la Loi du 1 1 prairial an III offrait à la résurrection de leur culte. L'État des ci-devant prêtres qui ont fait leur déclaration de soumission conformément à cette loi renferme soixante-neuf nains. Tous les coryphées anciens et nouveaux du parti à Lyon se sont donné rendez-vous : Lunaud, Ponson, Gobert (curé d'Ainay), Renaud, Lemontey, les deux Jolyclerc, Hodieu, Marie, Brun, Lassausse, Chazette (curé de Saint-Louis), Chanal, Girardot. L'État est certifié sincère, sous la date du 22 germinal an IV (11 avril 1796). C'est un duplicata : les soumissions sont bien antérieures. Un autre Etat des ministres qui ont déclaré vouloir exercer leur culte conformément à la Loi du 11 prairial, et daté du même jour, contient une vingtaine de noms. A côté de quelques-uns de ces noms se trouve la