I. Archives nationales, F
l'unité de plan et d'efforts. Il essaya donc en 1796 de créer cette Commission.
Dans une lettre qu'il adressa aux évêques, en février et en mars, le Roi proposait la formation d'un Conseil de dix évêques choisis par leurs collègues à la pluralité des suffrages et dépositaires des pouvoirs de l'épiscopat. Ce Conseil serait chargé de fixer l'opinion commune du clergé de France sur les matières les plus importantes au rétablissement de la Religion, de diriger les pasteurs du second ordre, de solliciter la sanction du Saint-Siège aux principes qu'il aurait arrêtés, et enfin de concerter avec lui les mesures les plus propres à accélérer la restauration des autels et du trône. Dès la réception de la lettre royale, chaque évêque dut adresser à Louis XVIII les noms de dix de ses collègues qu'il jugeait les plus dignes. Un absolu secret devait être gardé.
La majorité de l'épiscopat entra vite dans les vues de Louis XVIII. Les évêques éprouvaient un réel besoin de direction et de cohésion. Jusqu'ici ils avaient agi si isolément, et il s'en était suivi de si inévitables divergences ! Ces divergences, d'ailleurs, regardées trop souvent comme des contradictions, avaient plus d'une fois dérouté et même scandalisé les fidèles.
Deux prélats, dont la situation avait jadis été considérable, allaient discuter les projets de Louis XVIII. Leur opposition, fondée sur des raisons très graves, devait même faire échouer ces projets. L'un était Dillon, archevêque de Narbonne; l'autre M. de Marbeuf, archevêque de Lyon, primat des Gaules.
M. de Dillon répond de Londres (i" mai 1796). Pour lui, le plan du Roi est irréalisable : la Commission projetée va se trouver sans autorité, aucun des évêques ne pouvant se dessaisir de son pouvoir de juge. Il repousse en cette occurrence l'intervention de la Cour de Rome, estimant qu'un Comité qui serait obligé sans cesse de demander la sanction papale ne se maintiendrait pas sans de graves inconvénients. Dillon est un chaud partisan des libertés gallicanes, et il a vis-à-vis de Rome les défiances et les terreurs qu'entraînait l'exercice de ces libertés. Les prélats résidant à Londres semblent être entrés dans les idées de l'archevêque de Narbonne.
M. de Marbeuf écrivit deux lettres sur cet objet de première importance (3 mai 1796) \
La première lettre fut adressée au Roi. M. de Marbeuf a l'honneur de lui envoyer, conformément à ses ordres, la liste de dix archevêques ou évêques, qu'il croit propres à fixer les principes et les règles de conduite que les ministres de l'Eglise doivent suivre dans les circonstances présentes. Mais il demande que le travail des prélats, appelés à délibérer, obtienne l'approbation du Souverain Pontife ; par là seulement ils réuniront le suffrage de tout le clergé de France. Si quelque différence de principe ou quelque motif de prudence obligeait encore le Pape cà prolonger son silence, si enfin les décisions du Comité paraissaient seules, il ne croit pas alors qu'elles puissent réunir toutes les volontés. Et la raison est en ceci que les fidèles ne pourront jamais regarder le Comité ni comme un Concile, ni comme une Assemblée du clergé de France. « Nous ne connaissons, dit-il, aucune composition ecclésiastique dont le second Ordre ne fasse partie, et la forme de la réunion de ce Comité, pour être plus honorable qu'aucune autre, n'en paraîtra pas moins inusitée. » Il clôture sa lettre en exprimant un vœu : « Que le Chef de l'Église, cédant aux lumières du Comité et à la protection de sa Majesté, veuille enfin mettre la dernière main à l'ouvrage qu'il a si heureusement commencé, et tracer un plan de conduite, dont chaque jour prouve l'indispensable nécessité. » A la suite de sa lettre au Roi, M. de Marbeuf mit la liste des dix prélats qu'il proposait pour la formation du Comité épiscopal.
Par le même courrier, M. de Marbeuf adressa une autre lettre au baron de Flachslanden, ministre de Louis XVIIL « Il a été, écrit-il, bien tenté de prendre avec Sa Majesté la liberté, que lui accordait Louis XVI, de lui parler des projets qui pouvaient intéresser l'Église de France. Cependant la réflexion lui a fait supprimer tout ce qu'il était résolu de dire. Il a cru que sa position ne lui permettait que de donner l'exemple de la soumission et du respect. Tout en se bornant à cette forme, il s'est bien promis de développer au ministre du Roi, qui est le plus ancien de ses amis, ce qu'il pensait sur une démarche faite pour inspirer au clergé une vive reconnaissance, mais qui pouvait être susceptible de grands inconvénients. »
I. Archives du Ministère des Affaires étrangères : France. Vol. 589, fol. 125-
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La lettre au Roi est un simple canevas que M. de Marbeuf va développer en toute franchise et avec cette liberté dont on use entre amis. Des points qui, dans la lettre à Louis XVIII, paraissaient obscurs, des expressions pleines de sous-entendus, vont se trouver en lumière. Que voulait par exemple insinuer l'Archevêque lorsqu'il parlait du silence prolongé du Pape ? Que cachait le désir de voir le Chef de l'Église, cédant aux lumières du Comité et à la protection de Sa Majesté, mettre enfin la main à Vœuvre si heureusement commencée ?
Avec une rare sincérité et un vrai courage, M. de Marbeuf va confesser toutes ses angoisses et ses amertumes épiscopales. Il vénère la personne du Pape ; il n'aura pour Pie VI que des paroles d'un filial respect ; mais il dénoncera les influences qui s'agitent autour du Pape et paralysent ses intentions les meilleures.
Il faut citer : « Je commencerai la discussion que j'entreprends par vous donner des doutes sur tout ce qui entoure Sa Sainteté et une grande confiance dans sa personne. Je sais, à n'en pouvoir douter, que le Pape est fort touché de nos malheurs, que rien ne lui coûte pour y subvenir, et que, s'il avait suivi son propre mouvement, il aurait soutenu le rôle de docteur et de Chef de l'Eglise avec la supériorité qu'd a marquée jusqu'à l'époque de 1793. Mais à ce moment terrible où les crimes se sont multipliés en France, le Souverain Pontife est devenu muet. Il s'était réservée expressément tout ce qui regardait les jureurs, les intrus, les évêques qui avaient plus ou moins favorisé la nouvelle Constitution du clergé; et lorsque l'abomination de la désolation s'est encore plus particulièrement emparée du lieu saint, lorsqu'on a fait asseoir sur nos autels des prostituées pour les adorer sous le nom de la Raison, lorsqu'on a conduit à la mort tous les prêtres fidèles, et que, pour s'assurer de la prévarication des autres, on a multiplié les serments, exigé la tradition de leurs lettres de prêtrise, et aussi qu'ils abjurassent la religion sainte dont ils étaient les ministres, lorsqu'enfin, pour assurer leurs hontes, on les a forcés à se marier, alors Pie VI a eu l'air d'abandonner la barque de Pierre à l'orage. Seulement j'observerai que, pendant cette cruelle persécution, il n'a refusé, ni à aucun évêque^ni à personne, de répondre aux questions qu'on lui a faites, et les Brefs qu'il nous a adressés ont toujours été lumineux, éloquents, vraiment propres à régler notre conduite.
Le PRESBYTERE CONSTITUTIONNEL DE LYON 33)
« En voyant le Chef de l'Église si différent de lui-même, nous avons cherché à en pénétrer les motifs. Il m'a paru prouvé qu'il avait cédé à la politique de ses entours. Ce qui m'a le plus confirmé dans cette idée, c'est que, dans les différents Brefs qu'il m'a adressés, je lui ai toujours vu le même intérêt pour nos malheureux prêtres. Tous les préposés à son gouvernement leur marquaient, ainsi qu'à nous, la plus grande lassitude de nos malheurs. On recevait difficilement nos prêtres dans les asiles que Sa Sainteté leur avait marqués ; et, lorsque le zèle leur inspirait de retourner en France-, on exigeait d'eux une promesse par écrit qu'ils ne reviendraient pas dans les États de l'Église. J'insiste sur ces détails vraiment douloureux pour moi, non pour diminuer votre opinion sur un Pape que je révère, que je crois doué de toutes les vertus et de tous les talents que la circonstance demande, mais pour vous persuader que vous devez vous faire, pour vous-même ainsi que pour sa Majesté, une correspondance directe avec le Pape, et ne laisser entre lui et vous aucun intermédiaire. »
Le jugement que le Primat des Gaules porte, d'une manière si aisée, sur cette sorte d'abandon dans lequel se trouva l'épiscopat de France pendant les années les plus terribles de la Révolution, pour surprenant qu'il puisse paraître au premier abord, ne s'en impose pas moins à toute l'attention. Qui, d'ailleurs, pourrait lui reprocher de manquer de vraisemblance, ou même de vérité ? Certainement l'opinion que traduit M. de Marbeuf ne devait pas lui être exclusivement personnelle. Ne peut-on pas dire qu'elle apparaît comme résultant d'une communauté d'angoisses et d'appréciations mises au jour et associées par leur similitude même ?
Volontiers on jette la pierre à l'épiscopat de l'émigration. Sa place n'était-elle pas dans le feu même de la grande bataille où tant de prêtres et de fidèles surent si courageusement mourir ? Ce que M. de Marbeuf reproche à la politique romaine, non au Pape mais exclusivement, ainsi qu'il le dit, à ses entours, ne suffirait-il pas à justifier la persistance des évêques à se conserver pour leur troupeau ? Que serait devenu ce troupeau, si la mort avait frappé son chef, ou si la prison l'avait réduit cà l'impuissance, alors que, de Rome, il ne venait rien, le Pasteur des pasteurs restant muet parce qu'autour de lui tout conspirait à le forcer à se taire ? La seule nécessité de se
conserv^er pour son diocèse, fut, on le sait, la raison déterminante qui maintint dans un volontaire exil l'Archevêque de Lyon.
M. de Marbeuf a soulagé son âme. Il va maintenant discuter, avec une rare sagesse, le projet de Comité que le Roi lui a soumis.
« Ce Comité ne peut avoir une influence vraiment utile que de deux manières : i° En s'accolant au Pape et en parvenant à faire sanctionner par lui toutes ses décisions, ou plutôt en l'engageant à parfaire l'ouvrage qu'il a si heureusement commencé, c'est-à-dire en traçant, avec autant d'habilité que de suite, la conduite que chaque ministre des autels doit tenir avec les fidèles, soit au tribunal de la pénitence, soit dans les différents rapports qu'il a avec eux. Si les lumières du Comité et si la protection de Louis XVIII pouvaient opérer cette fin, ce serait la plus heureuse qu'on puisse désirer. Non seulement le Centre de l'unité réunirait tous les évêques et les rendrait univoqiies dans toutes leurs décisions ; mais, de ce moment, aucune division ne serait possible, et nous devrions au Roi et au Souverain Pontife de n'avoir plus à craindre que le feu de la persécution pût altérer aucun point de notre sainte Religion. — 2" Si cette forme n'est pas possible, si, par des raisons humaines que je ne puis ni ne veux pénétrer, nous voyons le Pape s'obstiner au silence et remettre constamment à la pacification de l'Europe le développement que tout prouve qu'il a arrêté et bien conçu, alors le Comité peut encore, avec ses lumières propres et la protection de Louis XVIII, opérer de grands biens. Pour cela il faut que, dès l'ouverture de ses séances, il reconnaisse qu'il n'est revêtu d'aucune autorité réelle. Cette assertion devra d'autant moins lui coûter qu'il ne ressemblera en rien à un concile ni même à nos assemblées générales du Clergé de France. Je le vois réduit aux pouvoirs que chacun de nous pourra lui transmettre. Or, quelle autorité réelle peut résulter d'une transmission pareille ?
« Chaque évêque isolé est, par essence, juge de la foi, successeur des Apôtres et dépositaire d'une juridiction bornée à un territoire. Les deux premières quaUtés sont personnelles; la troisième est restreinte. Vous me direz que, telle qu'elle est, on la transmet dans les conciles et dans les assemblées du Clergé. Mais observez que, dans l'un et l'autre cas, le Clergé se réunissait toujours en diocèses, en provinces ecclésiastiques, ou en église nationale. Jamais aucune
composition ecclésiastique n'a été formée sans le concours du second Ordre. Ici, les pouvoirs donnés par chaque individu s'adressent à des personnes inconnues, puisqu'il se peut qu'aucun de ceux qui figurent sur ma liste ne flisse partie du Comité. Joignez à cela que la composition qui aura lieu, pour être plus honorable qu'aucune autre, n'en est pas moins inusitée et contraire à toutes les formes. Vous conviendrez, d'après cela, qu'il serait difficile de reconnaître une autorité bien réelle dans le Comité qui aura lieu. Nous pouvons bien nous promettre d'être soumis d'esprit et de cœur aux décisions de nos collègues ; je suis môme convaincu que grand nombre d'entre nous sera fidèle à cet engagement ; mais si le malheur veut qu'il se trouve quelque discole, on sera sans moyen pour le rappeler à une décision qui ne peut commander la soumission. »
Ces judicieuses remarques faites, M. de Marbeuf va expliquer que le Comité, qui sera sans autorité, ne laissera pas cependant de rendre les plus signalés services. « La réflexion, dit-il, m'a persuadé que nous ne pouvions regarder le Comité, s'il est étranger au Pape, que sous l'aspect d'une Commission, en tout semblable à celles que nos rois ont appelées près de leur personne. Ceux qui seront honorés de la confiance de Louis XVIII devront s'occuper de répondre à toutes les questions qui leur seront faites de l'intérieur. Observez que le silence du Souverain Pontife nous a tous mis dans la plus grande perplexité. Les questions se multiplient chaque jour en France. Elles sont toujours créées pour être dangereuses et embarrassantes. Chaque évêque doit les résoudre, et le plus grand nombre est réduit à ses seules lumières sans pouvoir se concerter, ni avec ses collègues, ni avec des personnes instruites. Il en résulte une bigarrure fâcheuse pour nous, mais extrêmement pénible pour les prêtres employés dans l'intérieur : ils voient que, par une décision tranchante et que je crois commandée par les principes, je rends leur situation périlleuse, tandis que mon voisin, revêtu de la même autorité, décide la même question d'une manière qui ne compromet personne. Cette situation ébranle l'obéissance ; elle est pour nous le principe d'une vraie perplexité. Dès que le Comité sera formé, en le consultant, nous nous fortifierons au moins de l'avis de dix de nos confrères, et nous craindrons moins de nous tromper avec ce secours. Joignez à cela que le Comité, se trouvant protégé et
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à portée du seul législateur que nous reconnaissions, pourra avec sûreté nous apprendre jusqu'où nous pouvons nous éloigner des lois anciennes qu'on ne peut suivre en France sans de grands risques. J'oserai prévoir que cette Commission, n'annonçant aucune prétention, mais seulement à raison du protecteur auguste qui l'aura formée, se trouvera une espèce de tribunal que chacun de nous voudra saisir des questions extrêmement difficiles que nous recevons tous les jours. »
Le style de M. de Marbeuf peut être souvent dur, ses mots inusités et quelque peu barbares, sa phrase lourde et sans ornements ; mais, si l'expression paraît quelquefois pénible, la pensée demeure toujours juste : on la devine issue de longues réflexions, et d'une prudence qui n'a jamais rien laissé au hasard.
Les prérogatives de son siège et sa dignité de prim.at des Gaules furent toujours mises hors de toute atteinte par M. de Marbeuf. La lettre à M. de Flachslanden en donne une preuve convaincante. «Je finirai, dit-il, par une réflexion qui m'est propre. Vous savez que, comme primat de France, tous ceux qui ont occupé mon siège ont cru ne pouvoir être présidés par aucun évêque. Ils n'ont cédé la présidence qu'aux seuls cardinaux. Il est à remarquer que, quoique je sois plus vieux qu'un grand nombre d'archevêques, je ne suis pas revêtu depuis longtemps de cette dignité. Je crois très apparent que je ne serai point désigné par le grand nombre pour être du Comité. Dans le vrai, il y a un grand nombre de meilleurs choix à faire. Mais, parlant à mon ami, je puis regarder comme possible que mon nom soit indiqué par un grand nombre de mes confrères. Dans ce cas, vous ne voudriez pas que, en des temps tels que ceux-ci, j'eusse l'air d'élever et de discuter des prétentions, et cependant mon siège ne me permettrait pas d'y renoncer. Dans ce cas, je vous prie instamment de dire au Roi que, comme primat, je ne pourrais accepter aucune place dans le Comité. Vous m'éviteriez la disgrâce d'un refus. » M. de Marbeuf avait donné sa voix au cardinal de La Rochefoucauld, lequel ne fut nommé par personne autre ; il agissait conformément à la manière de voir exprimée dans sa lettre '.
I. Avant de rédiger cette lettre si importante, M. de Marbeuf avait jeté sur le papier les idées qu'il voulait exposer. Nous avons eu la bonne fortune de retrouver,
« Le Style c'est l'homme même. » '
Le style de M. de Marbeuf révèle sa droiture foncière. Aucune considération ne le retient quand il s'agit des principes ou de la vérité. Ses vicaires généraux savaient, et bien vite les fidèles comprirent, qu'ils pouvaient entièrement se reposer sur sa vigilance et son paternel dévouement. Dans une lettre du 12 avril 1797, l'Archevêque a pris soin de se définir lui-même : « Vous ne pouvez trop, dit-il, assurer à tous les nôtres qu'il n'y a personne qui, par sa position, soit plus étranger que moi à toute considération. Je cherche dans la simplicité de mon cœur la vérité et, lorsque je l'ai trouvée, j'y tiens avec la ténacité de mon pays. »
dans les notes personnelles de l'Archevêque rapportées à Lyon par M. Girard, ce brouillon de la lettre à M. de Fiachslanden.
M. de Marbeuf y exprime plus clairement ses vues, et dans un ordre plus logique. Le Roi veut prévenir toute division entre les ministres de la Religion. Fort bien. Mais est-il informé du principe de ces divisions ? Elles tiennent au silence du Pape, et il faut attribuer ce silence à la politique de ses entours. Personnellement Pie VI a un courage qui n'hésite pas. Il l'a montré à l'occasion du Concile de Pistoie, en condamnant par la même occasion « comme attentatoires à l'autorité du Saint- Siège et mauvaises en elles-mêmes » les quatre propositions concernant les libertés de l'église gallicane. « On est parvenu à persuader au Pape qu'il devait rester muet tant que l'Europe ne sera pas pacifiée. » Si cette conjecture est vraie, le Comité que demande le Roi n'arrivera jamais à faire quelque chose d'utile. 10 Quelle autorité 1 évoque peut-il donner à ce Comité ? 2° Quel usage le Comité en peut-il faire ?
1° « L'évêque peut promettre de se conformer, pour son diocèse, aux décisions du Comité. Mais, ni il n'est engagé lui-même pour toujours, ni il n'engage son successeur. Quand les évêques ont été dans le cas de donner leurs pouvoirs, ils se sont réunis en provinces ou en église nationale, et ont appelé le clergé du second Ordre.
20 « Quel usage les évêques réunis en Comité feront-ils de leurs pouvoirs ? Ils feront du bon travail en éclairant, en solutionnant des questions ; mais ils seront sans autorité pour imposer leurs décisions. Quelques-uns pourront les accepter. Mais il y a les discoles. Et ils sont considérables par leur situation, et ils sont nombreux. Ne nommons que l'Archevêque de Paris lequel par des décisions molles a compromis, dans la capitale du royaume, les points les plus importants, — et aussi l'évêque de Langres qui a autorisé publiquement le serment de liberté-égalité. Quelle force aura le Comité pour redresser les manières de voir de ces deux prélats ? Il suivra les polémiques toujours inutiles et souvent scandaleuses. »
Le Comité ne pourra, ni parler au nom du Saint-Esprit comme un concile, ni au nom du clergé de France dont il n'a pas mandat. — Le Roi veut le Comité : qu'il n'y ait plus d'objection et qu'alors il fasse intervenir le Pape : tous se rallieront à la voix du Saint-Père. — Si le Pape s'obstine dans son silence, alors, que le Comité, se gardant de parler au nom de l'Église de France, se contente de donner des lumières à ceux qui les demanderont. « Si, investi de notre confiance, il veut tapisser au dehors, se faire une existence et reconnaître une autorité, il deviendra non seulement inutile, mais préjudiciable. » (Archives ecclésiastiques.)