‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 143 sur 191 · Collection de M. Gazier · texte numérisé non relu

Collection de M. Gazier

2, Le citoyen Perrin finit toutefois par se décider à assister au concile. Dans la circulaire que le Presbytère de Lyon envoya aux fidèles pendant la tenue du concile (21 septembre 1797), il est ordonné (' de choisir dans chaque paroisse deux ou trois commissaires pour recueillir les offrandes volontaires des fidèles, soit pécuniaires, soit denrées, à l'effet de fournir à l'entretien du député de Lyon ». Collection de M. Gazier. — La mort ne devait pas tarder à frapper le curé de Saint-Justen-Bas. Les Annales de la Religion en annonçant cette mort relatent que M. Perrin « membre du Concile national, a fait tous ses efforts pour accélérer la nomination d'un évêque ». T. IX, p. 182.

Le concile national de Paris tint six séances solennelles et envoya quatre lettres synodiques. Celle du 12 novembre (22 brumaire an VI) est particulièrement intéressante. Les PP. du concile se défendent d'abord d'avoir clôturé leurs séances par ordre de l'autorité civile. C'est une calomnie, disent-ils, car ils n'ont cessé d'éprouver les marques de la bienveillance des autorités. La vérité les force à déclarer que les catholiques ont méprisé leurs avances : les uns ont répondu par des lettres sans franchise, les autres par des lettres injurieuses : la majeure partie des prêtres et évêques dissidents se sont renfermés dans un silence absolu « silence qui, disent les Réunis, est le symptôme d'une cause insoutenable; si la vérité était leur partage, au lieu de la tenir captive, ils devraient l'annoncer sur les toits ». Le concile rejette comme n'ayant aucun caractère d'authenticité les Brefs de 1790, 1791, 1792. Par contre, il admet le Bref de 1796 qui recommande la soumission aux puissances. Il attend du Pape un jugement légal et canonique par le moyen d'un concile œcuménique. .

La lettre synodique était suivie d'une adresse à Pie VI, assez impertinente pour le fond, bien que la forme en soit respectueuse : « Votre silence, disent au Pape les PP. du concile, a contribué à entretenir un schisme... Parlez : dites à tous qu'il n'y a jamais nécessité de rompre l'unité ; dites-leur que, quand cette unité est rompue, il faut tout sacrifier au besoin de la rétabHr. Parlez : l'humanité et la Religion vous le commandent. Hélas ! combien votre silence a été nuisible ! Des flots de sang ont coulé et coulent encore parmi nous, parce qu'on a fait paraître en votre nom des Brefs qui autorisent la révolte en frappant d'excommunication des citoyens soumis et fidèles. Ces Brefs, eût-on pensé à les produire si vous vous fussiez empressé de parler en Père qui veut réunir tous ses enfants ? Au surplus, une grande Église est troublée : si elle est accusée, elle doit être jugée ; elle demande à l'être : c'est à l'Église universelle qu'elle remet sa cause. En conséquence, elle réclame de votre Sainteté la plus prochaine convocation d'un Concile œcuménique '. »

I. Imprimerie et librairie chrétiennes, rue Saint-Jacques, 14 pages. La Lettre parut munie du sceau du concile national : Un autel marqué du mot Chantas ; sur l'autel, une croix ; au-dessous, un livre ouvert avec, sur la page de droite : Scrip-

LE COUP d'État du i8 fructidor 345

Le 18 fructidor, qu'on a appelé si justement la petite ou encore la seconde Terreur, venait de voir se rallumer contre l'Église toutes les haines jacobines. Cette nouvelle persécution éclatait comme un coup de foudre dans un ciel redevenu serein ; elle allait verser beaucoup de sang encore, et laisser mourir, dans les affres de la déportation, une foule considérable d'innocentes victimes. On a fait autour d'elle comme une conspiration du silence. La vérité oblige à dire qu'elle immola près de cent cinquante prêtres ou laïques. Trois cents ecclésiastiques furent déportés à la Guyane, dont la moitié y mourut ; dou:(e cents furent internés aux îles de Ré et d'Oléron ; près de huit mille furent incarcérés ou prirent la route de l'exil '.

Héritier des haines de la Convention, le Directoire ne cessa de persécuter les prêtres catholiques. Fiévée écrivait que « le Directoire n'avait pu mettre historiquement entre la Convention et son règne que la différence qui se trouve entre tuer et faire mourir ». Pour être juste il convient de dire que si la Convention tua de préférence, si le Directoire de préférence s'appliqua à faire mourir, il se souilla lui aussi du sang de nombreuses victimes, et ceux qu'il envoya à la mort en vertu d'une législation atroce, aggravée même, furent exécutés dans les vingt- quatre heures sans recours ni appel, sur un simple procès-verbal d'identité.

La circulaire du 3 décembre 1795 livre déjà la pensée intime du Directoire, pensée d'où sortira le coup d'État du 18 fructidor. Elle concerne les fanatiques : « Déjouez leurs perfides projets, s'écrient les Directeurs. Par une surveillance active, continuelle, infatigable, rompez leurs m.esures, entravez leurs mouvements, désolez leur patience, enveloppez-les de votre surveillance ; qu'elle les inquiète, le jour; qu'elle les trouble, la nuit; ne leur donnez pas un moment de relâche; que, sans vous voir, ils vous sentent partout à chaque instant... Faites exécuter les lois, sévères mais nécessaires, qui compriment les mauvais prêtres \.. Que vos regards n'abandonnent pas un instant ces instruments de meurtre, de royalisme et d'anarchie,

titra; sur celle de gauche : Traditiones. Au-dessus de la croix, dans une gloire, une colombe porte un rameau d'olivier. En exergue : Concil. nation, gallic. Parisiis. A la base de l'autel : A. S. R. M. D. C. C. X. C. VIL, Reipubl. V.

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