‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 153 sur 191 · I. Née de Montmorency-Laval · texte numérisé non relu

I. Née de Montmorency-Laval

son vicaire général et lui fermera les yeux ; M'^^ de Reugny, « l'âme la plus sensible, la plus généreuse, la plus fidèle en amitié qu'on puisse rencontrer », au jugement de M. Verdollin qui, écrivant à M""^ d'Hellenvilliers le 15 décembre 1801, ajoutera : « Il me serait impossible de vous détailler toutes les preuves de dévouement qu'elle a données à votre respectable frère, conjointement avec la déesse dont le cœur est vraiment excellent. Il n'est aucun sentiment que je ne doive à ces dames et que je ne leur ai voué. »

Elles étaient lourdes, bien lourdes quand même, les heures d'exil ! M. de Marbeuf était si loin du troupeau qu'il avait mission de conduire ! Lyon, Autun, une partie de Sens, telle était la part que l'Eglise avait confiée à sa sollicitude.

M. Verdollin révèle : « que les massacres faits à Lyon étaient pour le Prélat un sujet continuel des réflexions les plus amères. Ses entrailles paternelles éprouvaient les sensations les plus cruelles. Tout en admirant le courage de ces généreux martyrs que son Église de Lyon fournissait au ciel, il était saisi d'un frémissement involontaire lorsqu'il apprenait les tristes détails de ces fatales journées si souvent répétées. Les jours de courrier étaient pour lui des jours de supplice par la crainte des nouvelles désastreuses qu'il pouvait apporter. Il tremblait surtout sur le sort de ses dignes collaborateurs et de tant de fidèles ministres contre lesquels la persécution la plus atroce était spécialement dirigée \ »

Le même M. Verdollin s'est appliqué à tracer le portrait moral du Prélat. Qui donc pouvait le faire mieux que lui ? Qui l'a connu plus longtemps et plus intimement ? M. Verdollin ne quitta jamais M. de Marbeuf. Nous lui emprunterons les traits les plus remarquables de la belle physionomie de l'Archevêque de Lyon qu'il nous a conservée.

ce Jamais on n'entendit M. de Marbeuf se plaindre des pertes temporelles qu'il avait faites, ni des peines de divers genres qu'il a éprouvées, pendant la durée de son émigration. Ce qui n'était personnel que pour lui paraissait bien peu de chose ; il n'en parlait pas, ou n'en parlait que bien peu à ses amis intimes. Mais les peines d'autrui, surtout celles de ses amis, celles de ses parents, celles

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