Voir d'Hesmivy d'Auribeau, Extraits, I
Yves- Alexandre de Marbeuf. 2
l8 YVES-ALEXANDRE DE MARBEUF
le Chapitre de Digne à s'abandonner avec la plus entière confiance aux justes intentions de M. l'évêque d'Autun \ j)
Lorsque le jeu des Lettres secrètes sera dans toute son activité, les Jansénistes se ligueront avec les ennemis du Ministre de la feuille. Ils prétendront que M. de Montazet, archevêque de Lyon — leur candidat — aurait dû recevoir la feuille des Bénéfices, à la suite de la Roche-Aymon ; elle lui fut enlevée par la coterie de Brienne et Boisgelin qui, n'osant s'en emparer, choisirent « un mannequin », — c'est leur mot — l'évêque d'Autun \
Le moment est venu de parler de ces Lettres secrètes. Il en parut quatre en 1781. Ce furent de mordantes satires masquant assez mal la haine et la colère qui les enfantèrent. Ces premières Lettres, — car d'autres suivirent, — sont de toutes les mieux rédigées. Celui qui tient la plume sait la manier avec dextérité et s'en servir pour causer d'atroces blessures. On y signale quelques abus dans la collation de. certains bénéfices. Il y eut des abus : il serait aussi absurde de les nier que de les approuver ; mais pensait-on les corriger par le pamphlet anonyme, lequel est une lâcheté et n'a jamais remédié à rien ? M. de Marbeuf, vers qui convergent toutes les fureurs, devait-il répondre seul de désordres qui existèrent toujours ? Eut-il en mains toute l'autorité requise pour les proscrire ? Ne dut-il pas compter avec la volonté du Roi, l'influence de la Reine, les préférences des Princes, les intrigues des courtisans ?
Dans l'une des Lettres, le pamphlétaire accable de durs reproches la Roche-Aymon. Cette a vieille Eminence » est représentée « comme n'ayant pas même le mérite des bonnes intentions », égarée qu'elle est « par le caprice ou la prévention, sans plan, sans vues, sans principes ». Elle semble « avoir entrepris de s'acquitter avec le hasard de tout ce qu'il avait fait pour elle ».
Puis vient le tour de Marbeuf. « Avec moins de consistance personnelle, il emprunte de sa lâcheté même plus d'audace encore et malheureusement plus de stabilité. Il sent qu'il ne peut se soutenir dans sa place qu'en sacrifiant tous ses devoirs. Esclave du crédit qui