‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 20 sur 191 · I. Mlle de Fenoyl avait une tante prieure de Leigneux · texte numérisé non relu

I. Mlle de Fenoyl avait une tante prieure de Leigneux

semblablement Jacques-Ange finit ses jours dans une maison d'aliénés. De recherches faites aux archives du Ministère de la guerre il résulte qu'un marquis de Marbeuf, neveu d'un abbé de Marbeuf, né en 1728, maréchal de camp en 1761, serait mort en 1789, atteint depuis longtemps d'aliénation mentale. Il est difficile de ne pas reconnaître dans ce malheureux le frère dei'archevêque. Sans doute le marquis de Marbeuf, dont on retrouve le dossier aux archives de la guerre, est dénommé dans la feuille relatant ses états de services : Charles-Louis-René. Mais cette dénomination est tout simplement le résultat d'une erreur. Jacques-Ange fut le premier et l'unique marquis de Marbeuf; il naquit en 1728; mestre de camp de dragons de 1753 à 1761, il devint maréchal de camp en cette dernière année. L'erreur s'explique : les prénoms du maréchal de camp de 1761 sont dit alors ignorés. Ce ne fut qu'ultérieurement que les prénoms de Charles-Louis-René (vers 1780), ont été portés sur son état de services. Remarquons encore que, sur l'état de services du lieutenant général gouverneur de la Corse, son oncle, on n'a inscrit aucun prénom. Les deux lettres écrites au marquis de Marbeuf par un oncle abbé de Marbeuf, et qui sont aux archives de la guerre, sont d'un abbé attaché à la Cour ; l'une est datée de Compiègne, i^"" août 1753; l'autre de Versailles, 7 octobre 1758. On se souvient que Jacques-Ange avait deux oncles lecteurs du Dauphin ' .

M'^^ de Fenoyl eut à son contrat plusieurs de ses parents. D'abord, son frère Charles-Laurent. Ensuite, « haute et puissante dame Madame Marie-Madeleine de Gayardon de Fenoyl, prieurecomtesse du noble Chapitre de l'Argentière en Lyonnais, tante de la future épouse ». Et encore : Jean-François Chaillon de Jonville et sa femme née de Château- Villars, oncle et tante ; — Pierre-Guillaume de Chavadon de Saint-Maur, président de la Chambre des Comptes de Paris, et sa femme Catherine-Renée Chaillon de Jonville, pareillement oncle et tante.

Le contrat de mariage fut passé en l'hôtel du marquis de Fenoyl, le 29 septembre 1783. La cérémonie religieuse eut lieu dans les premiers jours du mois d'octobre.

I. Le marquis Ange n'assista pas au contrat lors du mariage de son oncle, et sa femme n'y est pas qualifiée veuve.

Par son mariage avec le comte de Marbeuf, M'^^ de Fenoyl devenait, à dix-huit ans, tante de l'évêque d'Autun, lequel allait entrer dans la cinquantaine.

Elle fut mère de deux enfants : Laurent et Alexandrine. Dans l'île de Corse, où elle accompagna son mari, elle eut à cœur de multiplier, en les aidant, les vocations sacerdotales; plus de 400 ecclésiastiques durent à ses largesses leur entrée au séminaire \

Marie-Augustine, marquise d'Hellenvilliers, n'assista pas au contrat ; elle vivait retirée à Hellenvilliers avec son mari Charles- Gabriel d'Erard. Un fils unique Armand-Aimé avait fait les campagnes de Corse en qualité d'aide de camp du comte de Marbeuf, son grand-oncle.

Le Gouverneur de la Corse mourut à Bastia le 20 septembre 1786.

La famille Bonaparte doit peut-être sa fortune aux Marbeuf. Ce fut en effet par leur entremise que les jeunes Bonaparte vinrent en France.

Joseph et Napoléon furent amenés au collège d'Autun en 1779 par l'abbé de Varèze, leur cousin. Le comte de Marbeuf les envoyait à son neveu l'évêque pour qu'il leur fît apprendre le français dans le collège de sa ville épiscopale : ils bénéficièrent d'une bourse. Napoléon, après un séjour de trois mois, entra à l'école de Brienne. Lorsque Joseph se rendit à l'école de Metz, Lucien prit sa place à Autun. L'abbé de Varèze demeura près de M. de Marbeuf avec la qualité de grand vicaire.

Elise, grâce aux mêmes protections, vit s'ouvrir devant elle la maison royale de Saint-Cyr ^.

Cependant les ennemis du Ministre de la feuille, pour être restés quelque temps silencieux, n'avaient pas désarmé. Des Lettres secrètes reparurent et circulèrent. En 1784, douze nouvelles Lettres virent le jour; mais il semble que cette dernière collection n'émane pas de

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