‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 22 sur 191 · Duret, Nouvelles · texte numérisé non relu

Duret, Nouvelles

M. t)E MARBEUF MINISTRE DE LA FEUILLE ^9

vers, à ce sujet, anonymes parce qu'en effet elles ont autant l'air d epigrammes que de madrigaux dont on leur a donné le titre :

« Marbcuf ne s'était point encore « Vu du cordon revêtu ; « Louis aujourd'hui l'en décore, « Il étrenne en lui la vertu. »

« Voici le second madrigal :

« Toi que depuis longtemps ballotte

« Momus au sourire mordant,

(' Te voilà, cher Marbeuf, commandeur cependant ;

« Malgré les traits malins de sa troupe falote,

« Ton vêtement modeste est de bleu liseré .

« Messieurs, de dent encore un coup bien acéré,

« Et vous ferez rougir, j'espère, sa calotte. »

« Rien de plus burlesque sans doute que ce dernier, ajoute Bachaumont; il est digne de l'abbé de Launay. Aussi le conserve-t-on pour son ridicule rare. Chacun s'est empressé de copier les madrigaux et ils ont été bientôt répandus dans tout Paris, »

Le cordon bleu de M. d'Autun inspira un quatrain plus ingénieux, plus juste et plus caustique :

« A force d'en dire du mal « Voilà du cordon bleu Marbeuf que l'on décore ; « Aimables persifleurs, quelques pamphlets encore « Et vous le ferez Cardinal » '.

L'assemblée du clergé de 1785 envoya une députation à M. de Marbeuf pour le remercier d'avoir pourvu à la dotation des évêchés pauvres de Toulon et de Digne et lui recommander les évêchés pauvres de plusieurs autres diocèses. Car il y avait des évêchés dont le revenu était insuffisant. Même après la dotation concédée par M. de Marbeuf, l'almanach royal de 1789 ne porte qu'à 7.000 livres le revenu de l'évêché de Digne. Jamais avant M. de Marbeuf aucun Ministre ne s'était préoccupé d'une pareille situation. Il fit pour les évêques pauvres ce que, dans son diocèse d'Autun, il avait réalisé pour les vicaires indigents, tant, même en des fortunes différentes, la charité vraie demeure semblable à elle-même.

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