CHAPITRE III
EVEaUE ET MINISTRE
Le diocèse d'Autun n'a-t-il pas souflFert des absences de son évêque ? — Lefranc de Pompignan. — Courrier hebdomadaire. — Visite annuelle. — Bureaux de l'Hôpital général et bureaux de charité. — Évêque commendataire. — Le clergé d'Autun, par sa fidélité, justifie l'administration de son évêque. — Rôle de M. de Marbeuf, ministre de la feuille. — Nominations d'évêques : Lafont de Savines, Jarente. — Le Roi et M. de Marbeuf. — Influences diverses gênant la liberté du Ministre : les Prélats. — La Reine. — Atroces calomnies des Lettres secrètes. — M. d'Aviau. — Bénéfices à nomination royale. — Sages règlements. — Les États de Bourgogne. — Assemblée provinciale de Moulins. — Mort de M. de Montazet.
Reste une question délicate qu'il ne faut pas hésiter à poser : l'administrateur qu'était M. de Marbeuf n'a-t-il pas fait tort à l'évêque ? Que devenait le diocèse d'Autun pendant que son évêque, en résidence à Paris, s'occupait de procurer le bien général de l'Église de France ?
Sans doute, dès le début de son épiscopat, M. de Marbeuf avait imprimé à son diocèse une salutaire impulsion et l'avait sérieusement organisé. Malgré cela, ce diocèse n'a-t-il pas eu à souffrir de ses multiples et longues absences ?
Tout d'abord si l'évêque d'Autun demeura loin de son troupeau, ce ne fut pas pour la satisfaction de ses goûts personnels, ni pour le service et les exigences de son ambition. Il n'était pas menacé d'être du nombre de ces prélats, inhumés dans leur cathédrale, dont les malins disaient : « La mort seule put les obliger à la résidence. » En délaissant Autun, M. de Marbeuf ne fit qu'obéir à une volonté supérieure, la volonté du Roi, et pour un intérêt supérieur, l'intérêt de l'Église de France.