I. Notice vumnscrite
EVEaUE ET MINISTRE 33
séculiers de son diocèse, tous gens d'un vrai mérite, soit lorsqu'ils furent confiés à la congrégation de l'Oratoire qui n'envoya, pour former ce nouvel établissement, que des sujets choisis, d'une capacité reconnue et d'une doctrine saine et irrépréhensible.
« Chaque voyage de M. de Marbeuf à Autun était ainsi une époque de renouvellement et d'amélioration de toutes les administrations religieuses. Chacun s'empressait de seconder le zèle d'un prélat qui ne voulait que le bien général, et avait le rare talent d'électriser, en quelque sorte, tous ceux qui se trouvaient chargés de quelque emploi pour s'y dévouer sans réserve ^ . »
Sans doute les Jansénistes ont raillé cette administration à distance. Ils rééditeront au sujet de M. de Marbeuf ce que Fleury disait « de cette espèce d'évêque commendataire qui, pour tout ainsi faire par autrui, seul aurait suffi dans toute la France et même dans toute l'Eglise )>.
Il n'en est pas moins vrai que le diocèse d'Autun était l'un des mieux administrés de France. Il fut, après le départ de M. de Marbeuf, l'un des plus éprouvés, car il eut à sa tête un évêque qui se livra à la Révolution jusqu'à l'apostasie. Néanmoins les prêtres d'Autun restèrent, pour la plupart, fidèles : ni les exemples, ni les perfides instructions de M. de Talleyrand ne purent arriver à les séduire. Un clergé, si durement éprouvé et sortant victorieux de tant de luttes était, on peut le dire, un clergé excellent ; il fait honneur à l'évêque qui l'a si soigneusement formé, au besoin même il le justifie.
Le moment est venu de jeter un regard d'ensemble sur l'œuvre de M. de Marbeuf, Ministre de la feuille des bénéfices. Il apporta dans cette délicate fonction un grand esprit de sagesse et de justice.
Sa règle était de ne proposer au Roi que les sujets les plus dignes par leurs talents, leurs vertus et les services qu'ils avaient rendus à l'Église. Sur les quarante-sept évêques nommés durant son ministère (1777- 1788), trois seulement donnèrent dans le schisme