I. Notice vianuscrite
Yves-Alexaudre de Marbeuf. t
et scandalisèrent l'Église. Ce furent les évêques de Viviers, d'Orléans et d'Autun '.
Lafont de Savines, évêque de Viviers, au témoignage de l'abbé Barruel, « avait des principes, de l'aménité et de la prudence; mais depuis longtemps on parlait aussi de ses moments d'aberration, d'une espèce d'aliénation d'esprit. » L'abbé Barruel ajoute : « La renommée n'a pas encore décidé si son serment fut folie ou lâcheté : ses écrits le défendent par des sophismes, sa conduite l'excuse par des extravagances ^. »
(( Jarente, évêque d'Orléans, fut entraîné dans le schisme par le poids de ses dettes, qu'on lui paya, aussi par le cardinal Loménie dont il avait été grand vicaire et qui avait conservé sur lui un funeste ascendant 5. »
De Talleyrand il sera parlé bientôt longuement.
Tous les autres évêques présentés par M. de Marbeuf se montrèrent fermes dans la foi : ils bravèrent les dangers et acceptèrent tous les sacrifices, la perte de leurs biens, l'exil même et ses amertumes, plutôt que de se parjurer; ils édifièrent les peuples confiés à leurs soins.
M. de Marbeuf mettait un soin extrême à ne proposer au Roi, pour l'épiscopat, « que des sujets capables d'honorer leur dignité par leur inébranlable fidélité à la saine doctrine et leur attachement au centre de l'unité catholique + ».
Le Roi d'ailleurs — si l'on excepte l'affaire d'Autun — laissa toujours cl son Ministre la plus grande liberté d'action et toute la responsabilité des présentations qu'il croyait devoir faire. Car Louis XVI eut à cœur de ne donner à l'Église de France que des sujets vertueux. Il avait affirmé cette résolution le jour où, recevant M. du Tillet, qu'il appelait au siège d'Orange, il lui dit : « Vous êtes le premier évêque que je nomme depuis mon avènement au trône. Je m'ap-
1. Certains prélats de France dont la conduite fut peu édifiante, tels Rohan, Loménie de Brienne et Grimaldi, étaient entrés dans l'épiscopat bien avant l'arrivée de M. de Marbeuf au ministère de la feuille.
2. Histoire du clergé de France, t. IL Dans sa Notice, l'abbé Verdolliu, qui fut secrétaire de la feuille, adopte et fait sien le jugement de l'abbé Barruel sur l'évêque de Viviers.