Notice manuscrite
ÉVEQ.UH ET MINISTRE 35
pkiudis de mon choix qui n'a pour motif que votre propre mérite. Je crois que ce commencement sera de bon augure pour les nominations suivantes, si Dieu m'en fait la grâce. » Il se montra d'une fermeté rare lorsqu'il fut question de pourvoir d'un titulaire l'archevêché de Cambrai. Les intrigues s'agitaient, les recommandations se multipliaient. Le Roi découragea toutes les ambitions et écarta tous les patronages en envoyant à Cambrai, qui n'avait pas connu de bons évoques depuis Fénelon, M. Rosset de Fleury, archevêque de Tours. En rendant public ce choix il ajouta : « Pendant longtemps Cambrai n'eut pas d'archevêque ; je viens de lui en donner un. » Les nominations épiscopales signées par Louis XVI ont permis de dire : « Qu'il fut plus heureux dans le choix des ministres du sanctuaire que dans celui de ses propres ministres. »
Mais autour du Roi, d'autres influences redoutables s'exerçaient. Pour les écarter, ou du moins pour les empêcher d'entraver la justice et de nuire à la Religion, il fallait joindre à beaucoup de diplomatie une fermeté et ténacité de volonté persévérantes. « S'il était permis de dévoiler, dit un témoin oculaire, tous les ressorts que les intrigues de la cupidité faisaient jouer pour forcer, comme on disait, la main à M. de Marbeuf, lorsqu'il y avait des évêchés à pourvoir, de quelles protections imposantes, de quels moyens odieux les intrigants se servaient pour réussir dans leurs vues, on serait justement étonné, qu'environné de tant d'obstacles, il ait pu composer l'épiscopat français d'une manière aussi heureuse qu'il l'a fait \ »
Certaines candidatures se recommandaient souvent de hautes personnalités ecclésiastiques. Ainsi l'archevêque d'Aix, M. de BoisgeUn, usa de son crédit pour faire arriver M. de Messey, l'un de ses grands vicaires, à l'évêché de Valence, et M. Rufl^o Bonneval à celui de Senez. Pour être manifestes, ces influences du moins ne furent pas regrettables.
Bien des fois il fallut compter avec la Reine elle-même. « Qu'elle poussât à l'épiscopat ses aumôniers, ses protégés, quand ils étaient aussi dignes que MM. de Sabran, de Mérinville, de Bourdeilles, de Fontanges, rien de mieux. Mais auprès d'elle, l'abbé de Vermond,