I. Notice manuscrite
son lecteur, se faisait l'instrument d'ambitions moins recommandables qui s'agitaient autour de Loménie de Brienne. Les Mémoires du temps nous montrent ce dernier, à son château de Brienne, entouré d'une foule de petits abbés, « qui croyaient à peine en Dieu » et attendaient des évêchés du crédit que l'archevêque avait dans l'opinion par M"'^ du Vernage, et à la Cour par l'abbé de Vermond \ »
Comment, dès lors, accepter le reproche de l'auteur d'une des Lettres secrètes, — parue sous le nom de Fr. François-Xavier, supérieur des Ecoles chrétiennes de la maison de Die, — lettre brutale s'il en fut, qui semble inspirée par un janséniste sous le couvert « d'un pauvre frère ignorantin » ? « Il n'est plus en votre pouvoir de réparer le mal que vous avez fait en élevant aux premières dignités de l'Église, en plaçant à la tête de presque tous les diocèses du Royaume,
des pasteurs qui en sont le scandale et le fléau Chaque jour
vous avez renchéri sur vos méfaits par des présentations toutes plus criminelles les unes que les autres, et l'on peut dire en vérité que, pendant votre administration, l'irréligion, le libertinage, l'avarice, la prodigalité, l'incrédulité, l'athéisme même, semblent avoir été les seuls titres pour obtenir des bénéfices à nomination royale. »
La haine ne connaît pas de bornes, pas même celles que fixent la vraisemblance et le bon sens. Le pamphlétaire ira jusqu'à accuser le Ministre de la feuille, comme un autre Jarente, de vendre les bénéfices (( à beaux deniers comptant », « de partager avec la Daterie le produit des Bulles », de multiplier les mutations « pour augmenter ses profits ».
Dans VEssai sur la Réforme du clergé, l'abbé Laurent, si dur parfois, n'hésite pas à confesser à la louange de M. de Marbeuf, qu'il s'efforça de réformer ou d'atténuer l'abus des mutations en donnant une partie des évêchés de Provence et' de Bretagne « soit à des ecclésiastiques du pays, soit à d'autres personnes qui, suivant les apparences, ne se flattent pas d'une translation ^ ».
On a prétendu faire à M. de Marbeuf un grief d'avoir hésité à