‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 33 sur 191 · Duret, passim · texte numérisé non relu

Duret, passim

2. Duret signale rapparition d'un pamphlet de 4 pages « contre la signature du Formulaire, et la conduite passée de M. de Sarept, comparée avec sa conduite présente ».

M. DE MARBEUF ET TALLEYRAND

condamne lui-même puisque, sans aucune sorte de remords, il a exigé un serment aussi absurde qu'abominable. Comment se faitil que sa conscience soit « sortie tout à coup d'un profond sommeil? » On a exigé des jeunes clercs la signature du Formulaire^ et c'est le sulpicien, supérieur du grand séminaire, qui se charge de cette opération ! « Une table est dressée dans une salle; on y place le Livre des Evangiles et le registre destiné à recevoir les signatures. C'est à cette idole qu'un sulpicien conduit les jeunes clercs, l'un après l'autre, pour lui sacrifier leur conscience! Là chacun jure que Jansénius, évêque d'Ypres, a consigné dans un gros livre, qu'ils n'ont jamais lu, cinq erreurs monstrueuses que personne ne soutient et qu'aucun théologien n'a jamais pu y découvrir. On avouera sans peine qu'il n'y avait qu'un sulpicien qui eût le courage de rétablir à Lyon ce culte sacrilège; des jésuites honnêtes en rougiraient aujourd'hui. Il fit prosterner les étudiants, qui signèrent à genoux avec le respect qu'on apporte à la réception des saints ordres... »

Les Nouvelles étaient écrites avec une encre spéciale dans la composition de laquelle il entrait beaucoup de fiel.

Bien avant que le Roi eût désigné pour le siège archiépiscopal de Lyon son Ministre de la feuille, l'opinion publique y avait fait monter M. de Marbeuf. A plusieurs reprises déjà, l'évêché d'Autun avait été un acheminement à l'archevêché de Lyon : Montazet, le prélat qui venait de mourir, en fut lui-même un exemple. M. de Marbeuf était d'ailleurs comte de Lyon ; « il avait résidé dans cette ville ; il y était connu, estimé, chéri, non seulement par ses anciens confrères les chanoines, mais encore par les principaux habitants ' ».

Persuadé qu'il ne pourrait faire un choix meilleur, le Roi « ne voulut s'arrêter à aucun des candidats que M. de Marbeuf lui proposa pour occuper le siège de Lyon. Mais lorsque sa Majesté lui eut déclaré que son intention était de le nommer lui-même, ce prélat, qui depuis vingt ans gouvernait l'Eglise d'Autun avec tant de sagesse et de succès, qui jouissait avec une grande consolation des fruits du soin qu'il s'était donné pour augmenter le lustre de cette Église vénérable, fit connaître à sa Majesté le vif regret qu'il aurait de la quitter, et il la supplia de ne pas exiger de lui ce sacrifice. Le

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