‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 4 sur 191 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

dés que l'autorité parle et qu'elle dit la voie par où il faut prendre.

Marbeuf a passé la frontière, il mourra en exil.

Toutefois, depuis le Brabant où il s'est réfugié, il administre; son clergé et son diocèse font belle figure sous sa conduite, même ainsi exercée à distance.

Pauvres prêtres de ces sombres temps, ballottés comme ils le furent entre tant de serments qui leur étaient successivement déférés! serments dont la licéité tient souvent en suspens les théologiens de l'époque et parfois divise ceux d'entre eux qui sont notoirement de même droiture : les uns, semble-t-il, les jugeant plus étroitement par la seule teneur des textes, tandis que les autres les lisent aussi dans le contexte des circonstances concrètes.

Les prêtres lyonnais ne manquèrent jamais tout à fait de guide. Un moment, l'Archevêque eut la pensée de rejoindre à tout risque son troupeau, pour combattre sur place l'afreux désarroi causé par la crise terroriste. Mais de sages conseils le retinrent; sa vie était précieuse à l'heure où, Rome ne pouvant se faire entendre, il n'y avait que lui pour décider avec autorité. Résigné à prolonger l'exil, il exige du moins qu'on le renseigne sur toutes mesures prises ou cà prendre, afin de mettre partout, comme il .convient, sa responsabilité.

Cependant, la véritable Église, blottie dans ses oratoires privés, a une tenue dont la grandeur ne se compare pas avec celle du schisme, réduit à ne plus même gesticuler dans ses églises désertes. L'Archevêque exilé obtient de ses troupes une discipline que lui envie sûrement le malheureux

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