Duret, Nouvelles, III
3. C'est à tort que Parisot, Biographie universelle, essaie de prouver que M. de Marbeuf parut dans son diocèse. Il dit avoir connu des personnes qui avaient été confirmées par lui, à cette époque, dans une de ses tournées épiscopales. Peut-être, étant évéque d'Autun, M. de Marbeuf fit-il quelques confirmations pour rendre service à M. de Montazet? Si le fait cité par Parisot est réel, il ne peut avoir que cette explication. Jamais M. de Marbeuf, archevêque de Lyon, ne vint dans son diocèse. Voir Notes historiques sur le séminaire de Saint-Irénée,p. 340.
desseins ayant été dévoilés, plusieurs personnes respectables écrivirent à l'Archevêque et le conjurèrent de suspendre son départ pour Lyon, où il ne pourrait paraître sans s'exposer aux plus grands dangers. « Cédant cà la nécessité, comme aux sages avis qu'il recevait de ses amis de Lyon et de Paris, M. de Marbeuf se soumit malgré le désir extrême qu'il avait de se trouver au milieu de son troupeau. Il différa donc son départ pour ne pas être l'occasion, même innocente, d'un tumulte quelconque \ »
En attendant des circonstances plus favorables, l'Archevêque congédia la plupart de ses domestiques, auxquels il donna des gratifications, et se retira, à Marolles, dans un château appartenant au prince de Montmorency-Robecq. Marolles n'était qu'à huit lieues de Paris.
Du sein de sa retraite, M. de Marbeuf s'appliqua au gouvernement de son diocèse. Il entretenait une correspondance des plus actives avec ses grands vicaires et déplorait les malheurs de l'Église et de l'État, malheurs qu'il voyait croître de jour en jour. Il parlait à ses ouailles par des écrits ou mandements pleins de la tendresse de son cœur.
Déjà, après le serment du Jeu de paume et la fusion des trois Ordres, croyant qu'une ère de paix allait s'ouvrir pour tous, partageant quelque peu les généreuses illusions de beaucoup, l'Archevêque avait demandé un Te Deiim d'actions de grâces ^. Le 13 septembre il écrit à nouveau pour ordonner, conformément à la lettre du Roi, des prières de Quarante heures, à commencer le dimanche 27. Le 23 octobre, il invite ses prêtres à porter à la Monnaie l'argenterie des églises inutile pour la décence du culte divin : « Je ne doute pas, dit-il, que vous ne soyez très disposés à faire le sacrifice que l'intérêt général, l'amour de la patrie et le respect pour les repré-