‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 44 sur 191 · Notice manuscrite · texte numérisé non relu

Notice manuscrite

2. « Le clergé de Lyon, en soutane et manteau long, partit de l'hôtel commun avec le corps de ville, les personnes notables, et se rendit comme processionnellement dans l'église primatiale. La cérémonie fut tellement lugubre qu'elle semblait présager les malheurs arrivés à la France... M. de Gain, chanoine-comte de Lyon, prononça un discours qui fut suivi du Te Deum. — Manuscrit Liusolas (17 juillet)». Voir Gonon, Bihlioth. historique, no 57.

sentants de la Nation sollicitent en ce moment^ ». Le clergé se soumit. Plus d'une fois déjà, aux heures critiques de son histoire, la monarchie avait obtenu de l'Église de France un semblable dépouillement. Pour la patrie, on ne demandait jamais en vain.

Ce n'était là toutefois que le commencement des ruines futures, et comme une sorte de mise en sûreté des objets précieux avant le pillage, la fermeture, la désaffectation, la destruction des édifices consacrés au culte.

Il n'entre pas dans notre plan de rappeler ici tous les attentats révolutionnaires; nous faisons l'histoire d'un homme et d'une Eglise, non celle d'une époque; il convient toutefois d'esquisser à grands traits les caractères généraux de cette période; ils sont nécessaires pour rendre plus vivant le portrait de M. de Marbeuf.

Le 2 novembre 1789, l'Assemblée Constituante décida que tous les biens ecclésiastiques seraient mis à la disposition de la Nation. La loi ne décrétait pas encore la spoliation radicale, mais elle la préparait; le droit une fois établi, il ne restera plus qu'à agir avec tact et opportunité.

Le décret du 20 décembre 1789 fixe une première vente de biens ecclésiastiques; celui du 14 avril 1790 enlève totalement ces biens au clergé et les confie aux départements et aux districts ; enfin celui du 14 mai acheva l'œuvre en prescrivant la vente de tous les biens sans exception. Quoique n'étant plus le premier Ordre de l'État, le clergé eût paru redoutable encore avec de vastes possessions territoriales. Pour achever de le briser, la Révolution lui enleva le sol où ce Corps^ même affaibli, eût toujours retrouvé sa vitalité. Il semble donc, qu'en appauvrissant le clergé, la Constituante ait agi moins par avidité que par politique. Sans doute, elle trouva bons à prendre les quatre milliards de biens qui furent désaffectés par elle; mais elle trouva plus avantageux encore de désarmer le clergé, de lui enlever toute possibilité de réagir en lui ôtant le point d'appui d'une terre qui allait manquer sous ses pas ^.

On s'attaqua d'abord aux biens, on s'attaquera ensuite aux personnes et à leur influence. Les Chapitres et les Collégiales allaient

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