‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 46 sur 191 · Conseil général du district, 17 sept · texte numérisé non relu

Conseil général du district, 17 sept

repoussa la proposition. Aussitôt 297 membres de la minorité signèrent une protestation qu'ils rendirent publique. Huit députés ecclésiastiques de Lyon se trouvent parmi les signataires \ M. Charrier de la Roche, curé d'Ainay, ayant refusé son adhésion , essaya, sans y réussir, de justifier sa conduite : « En signant la déclaration, j'aurais, dit-il, agité les esprits qui ne le sont déjà que trop; j'aurais contribué à réveiller le fanatisme religieux ; enfin, j'aurais cru faire plus de mal que de bien. » M. Charrier de la Roche montrait combien étaient fondées les appréhensions qui avaient accueilli sa candidature.

La protestation des 297 députés fut assez mal accueillie à Lyon par les communautés d'hommes. Les religieux du tiers ordre de Saint-François, de la Guillotière, la renvoyèrent à l'Assemblée et prirent occasion du renvoi pour se plaindre « que la Sorbonne, cette vieille édentée, ait imprimé la flétrissure de l'apostasie sur toutes les victimes du cloître qui voudront profiter des droits sacrés de l'homme que l'Assemblée leur a rendus »; ils demandèrent « qu'il soit permis aux religieux prêtres, sortis du cloître, dont les mœurs seront d'ailleurs conformes à la sainteté de leur état, d'exercer les fonctions du sacerdoce, surtout de célébrer la messe,... sans que les évèques ou curés puissent s'y opposer ^ »,

Beaucoup de maisons religieuses se prononcèrent pour la majorité de l'Assemblée contre les protestataires : les grands Carmes des Terreaux, les Augustins. les Oratoriens de la grand'Côte, les Feuillants, les Dominicains. Les Oratoriens du Collège de la Trinité rejettent la protestation avec horreur : « ils opposeront toujours une résistance invicible aux manœuvres des ennemis de la Révolution, et ils ne cesseront pas de faire des vœux pour la prompte réforme du clergé. » Les Cordeliers et les Minimes iront jusqu'à déclarer « que les membres du clergé, qui ont protesté, prétendent que l'Évangile est foulé aux pieds parce qu'on les ramène à la simplicité évangélique ; les propriétés violées parce que la Nation, pressée par le besoin, prend ses propres biens à des dépositaires qui souillaient de la rouille du siècle des mains sacerdotales ' ».

1. MM. de Castellas, Mayet, Bottex, Gueidan, Desverna}', Goullard, Gagnières, Flachat.

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