LAMOURETTE EVEQUE CONSTITUTIONNEL II
Directoire. A la suite du premier Corps administratif marchaient successivement les deux Directoires des districts de la ville et de la campagne, la municipalité de Lyon, les juges du Tribunal du district de la ville et les notables de Lyon.
« Chacun de ces Corps était séparé par un détachement de gardes nationales. Le cortège était bordé de chaque côté d'une haie de gardes nationales et suivi de la gendarmerie nationale, du guet à cheval, et d'une foule immense de citoyens. Toutes les rues étaient illuminées, bordées d'un rang de troupes citoyennes sous les armes, et garnies, ainsi que toutes les croisées des maisons, d'une multitude innombrable faisant retentir les airs de leurs applaudissements et de cris redoublés qui exprimaient avec énergie l'ivresse de la joie publique et l'enthousiasme du patriotisme. Le cortège a passé successivement et dans le plus grand ordre par les rues de Bourgneuf, Peyrollerie, de Flandre, le pont de pierre, la place Saint-Nizier, la rue Neuve, le quai du Rhône et la rue des Feuillants. Arrivé aux abords du séminaire Saint-Irénée, M. l'évêque a été reçu et complimenté par le clergé venu à sa rencontre en habits sacerdotaux, précédé de la croix, et ayant ci sa tête M. Jolyclerc, supérieur de cette maison. En y entrant il a été introduit dans la chapelle où fut chantée une hymne analogue à la circonstance. Sur quoi M. l'évêque a été conduit par les Corps administratifs dans l'appartement qui lui avait été préparé, où il a reçu de nouveau les hommages et les assurances des sentiments de tous les citoyens \ »
Il y a, dans le récit officiel de l'arrivée de l'intrus, d'intentionnelles exagérations, L'ordre d'illuminer et de sonner les cloches était venu de la municipalité elle-même. Il fut permis d'illuminer, dit M. Linsolas, « par mesure de sûreté, pour conserver la tranquillité publique qui pouvait être troublée à la faveur des ténèbres ». En vérité il y eut des églises qui obéirent à l'injonction de sonner les cloches. Mais M. de Marbeuf désapprouva cet acte « comme étant une reconnaissance du faux évêque qui s'emparait de son siège archiépiscopal » ^
Le surlendemain, 14 avril, eut lieu la cérémonie d'intronisation à
1. Délibérations du Directoire du Département, 11 et 12 avril.