LAMOURETTE ÉVÊQ.L'E CONSTITUTIONNEL II
pour cortège les moines qui s'étaient défroqués avant l'exécution du décret de suppression des communautés, des prêtres séculiers jansénistes, ambitieux, intrigants, suspects dans leur conduite. C'était en général un cortège tel qu'il convenait à un loup qui venait dévorer le troupeau de J.-C. Les spectateurs trouvèrent que cette procession n'avait ni décence, ni dignité ; que le sieur Lamourette était le premier auteur de cette scène scandaleuse; qu'on ne voyait sur lui ni cette réserve, ni cette modestie qui impriment le respect dans les évêques légitimes. »
Ce fut un triomphe. Le pauvre intrus domestiqué songea-t-il, parmi les vivats de commande, que le Capitole, vers lequel on le dirigea, se trouvait à quelques pas seulement de la roche Tarpéienne ? Du moins il ne dut pas tarder à en faire l'expérience. Un bizarre événement, que bien des personnes regardèrent comme un sinistre présage, avait interrompu les joies de cette pompeuse exhibition. L'heureux prélat s'était à peine assis sous le dais magnifique qu'on lui avait élevé dans le chœur de la cathédrale, qu'il disparut tout à coup aux yeux des assistants. Des jeunes gens, qui s'étaient introduits secrètement dans les tribunes du chœur, avaient choisi ce moment pour couper les liens qui retenaient les baldaquins de pourpre, et l'évêque se trouva subitement enseveli sous une montagne de draperies '.
Pendant que Lamourette s'emparait ainsi de son siège, l'Archevêque passait la frontière et allait chercher un asile dans la province de Brabant.
Son ancien secrétaire de la feuille paraît afhrmer que M. de Marbeuf ne se décida à partir que sous la menace d'une incarcération quand il écrit : « A la suite de V Avertissement du 8 février 1791, Voidel, le fameux président du Comité de salut public de Paris, écuma de rage, et il lui échappa de dire qu'il ferait incessamment arrêter M. de Marbeuf. Le prélat en fut aussitôt averti par un de ses diocésains, homme d'un mérite rare, qui avait recueilli le propos de Voidel, et des amis le déterminèrent à quitter sa résidence et même à sortir du royaume pour pourvoir à sa sûreté. » La Providence, qui