Loco citaio, p
2. On sait quelles larmes amères versa M. de Cicé, qui avait contre-signe la Constitution civile du Clergé acceptée par Louis. XVI. Il écrivait le 10 février : « Qu'ils sont douloureux les souvenirs de ceux qui, comme moi, mêlés aux affaires publiques, ont cru pouvoir détourner la tempête par le moyen des tempéraments » — Et ailleurs, 19 août 1792 : « A Dieu ne plaise que je veuille déguiser ou pallier mes erreurs ou mes fautes. »
il fallait y substituer : Réclamation pour le clergé de France. » En fait, l'ouvrage de M. Bonnaud fut imprimé sous le titre : Réclamation pour l'Eglise gallicane contre Tinvasion des biens ecclésiastiques et V abolition de la dîme (Paris, 1792, in-8°).
Le 14 mars, l'abbé de Salamon transmet au cardinal Zélada le jugement qu'il porte sur l'œuvre, et indique avec quel mauvais vouloir on vient de l'accueillir : « C'est, dit-il, le pur langage des Conciles généraux et des savants. Cependant le Comité des évêques s'oppose vigoureusement à sa publication. Ils se sont même permis de défendre à l'imprimeur de le vendre ; ils approuvent cependant l'ouvrage; mais ce n'est pas le temps de le publier. Voilà toujours ces temporisations, ces palliatifs, ces faiblesses, qui ont tout perdu ; peut-être, cet excellent ouvrage empêcherait beaucoup de gens d'acheter les biens du clergé. L'abbé Bonnaud a fait 3.000 livres de dépense. Il faudrait donc, suivant les règles de la justice, que ces prélats commençassent par acheter tout l'ouvrage et indemnisassent l'abbé Bonnaud. Au reste, son archevêque de Lyon et beaucoup d'autres approuvent fort cet ouvrage vraiment savant. »
L'épilogue de l'histoire se trouve dans la lettre de l'internonce du 21 mai : « Le Comité des évêques s'oppose fortement à ce que l'excellent ouvrage de l'abbé Bonnaud paraisse. Les évêques, à la tête desquels est l'archevêque d'Aix, ont acheté l'édition entière de telle manière que je n'ai pas pu avoir encore un exemplaire pour votre Eminence. Les évêques trouvent d'abord à redire au titre, ensuite ils avancent que cet ouvrage donne les immunités pour être de droit divin ; mais ce n'est pas l'abbé Bonnaud qui le dit lui-même : c'est le langage des conciles généraux, notamment de celui de Trente. Ils disent encore : qu'il donnera une grande défaveur aux assignats, et que cela soulèvera contre le clergé parce qu'on n'osera plus acheter des biens ecclésiastiques ; mais est-ce là le langage que doivent tenir des évêques ' ? »
C'était éteindre la lumière et bâillonner la vérité en sauvegardant toutefois les strictes exigences de la vertu de justice.
L'abbé Bonnaud fut massacré dans sa prison.
M. Bottex avait été arrêté dans la nuit du 14 août, vers onze heures