‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 92 sur 191 · Corresp07idance de r abbé de Salauioii, pi\ssim · texte numérisé non relu

Corresp07idance de r abbé de Salauioii, pi\ssim

du soir, pendant une visite domiciliaire et à cause d'une lettre de l'abbé Maury trouvée sur sa table, lettre regardée comme compromettante parce qu'elle venait d'un émigré. Il était pensionnaire au séminaire des Missions étrangères. On l'incarcéra à la Force. Dans sa prison, il eut une longue controverse avec l'abbé Flaust, son codétenu, au sujet du nouveau serment de liberté-égalité. L'abbé Flaust estimait que le serment ne répugnait pas à la conscience; M. Bottex, au contraire, ne pouvait se résoudre à l'accepter. Il voyait dans ce serment, dit l'abbé Barruel, « une dernière épreuve à laquelle Dieu voulait que la fidélité de ses ministres fût livrée, afin que ce qui restait d'ivraie parmi le bon grain en fût séparé par ce crible décisif '. )> Toutefois, « une angoisse inquiétait le prisonnier, raconte l'abbé Flaust, c'était de n'avoir pas été arrêté, comme les prêtres des Carmes, uniquement à cause de la Religion, mais à l'occasion de la lettre de l'abbé Maury. « Je sais bien, disait-il, que cette lettre est loin de rien contenir contre l'État : je mourrai innocent de ce crime ; mais je n'aurai pas le bonheur de mourir pour la Foi ^. »

Lorsque M. Bottex et ses compagnons entendirent les cris des massacreurs, ils se mirent à genoux et récitèrent les prières des agonisants. Absous par le tribunal illégal et improvisé devant qui il passa, il fut conduit sur le seuil de la prison. Comme on lui demandait de prêter le serment de liberté-égalité, il s'y refusa et tomba percé de coups sur un monceau de cadavres '. Il mourait donc pour sa foi, ainsi qu'il l'avait souhaité.

M. l'abbé Verdollin, pensionnaire aux Missions étrangères comme M. Bottex, avait heureusement quitté le séminaire deux mois auparavant, à la suite de l'émeute du 7 juin 1792, jour de la Fête-Dieu. Dans ses Mémoires, l'abbé d'Auribeau raconte quel danger courut le vicaire général de M. de Marbeuf : « Le clergé constitutionnel de Saint-Sulpice, faisant la procession, désira s'arrêter dans la chapelle des Missions étrangères. Le supérieur de la Communauté s'y étant opposé, la populace résolut de se venger. Vers midi et demi,

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