‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 93 sur 191 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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3. Voir aussi l'ouvrage de M. le chanoine Dementhon, Uahhé J.-B. Bottex, P- 279-374.

lyé YVES-ALEXANDRE DE MARBEUF

une multitude d'hommes, de femmes et d'enfants, envahit le séminaire et rempUt bientôt tous les corridors. Les plus torts d'entre eux frappaient à coups redoublés contre les portes des chambres, et ils enfoncèrent celle de l'économe. Ailleurs ils troiTv^èrent un des directeurs, vieillard de quatre-vingt-cinq ans, lui ôtèrent son bâton et l'en frappèrent. Leur dessein était d'arrêter quelques autres prêtres de la maison, moins âgés ; mais ils ne purent en venir à bout. Ils allaient enfoncer l'appartement de M. Verdollin, vicaire général de Lyon, lorsqu'arriva un détachement de troupes qui, chassant la populace, dégagea le séminaire \ »

Craignant pour sa vie, M. Verdollin prit à son tour le chemin de Texil et alla aussitôt rejoindre M. de Marbeuf ^

La ville de Lyon était, en apparence, demeurée assez calme. Dans ses murs toutefois se trouvaient, depuis peu, des agitateurs capables de toutes les audaces.

Dans une lettre à Roland (25 août 1792), la MunicipaHté se plaint qu'il y a dans la ville « des patriotes fanatiques qu'on égare à tel point qu'ils ne prêchent que meurtres, assassinats, renversement des lois ». Chalier est devenu l'âme de la conjuration. Il déclare à la tribune du club central « qu'il faut environner la municipalité, le nouveau district et le nouveau dépariement et, pendant ce temps, faire jouir le peuple de toute sa souveraineté en tranchant la tête aux prêtres réfractaires et à tous les aristocrates ». Ce n'est qu' « en voyant ruisseler de tout côté le sang impur, disait-il encore, que vous acquerrez tranquillité, sûreté et bonheur ». La Municipalité ajoute : « Il a tellement exalté les têtes du peuple qu'on ne peut plus le contenir et que, dans peu, il se passera des scènes d'horreur. M. Chalier aurait bien dû rester quelques mois de plus à Paris, et nous laisser surveiller les méchants de manière à les empêcher de nuire sans verser leur sang. » La Municipalité termine sa lettre en suppliant le Ministre d'écrire. S'il le fait, il influera sur Chalier et rendra un service essentiel à la ville K

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