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I. Archives du Rhône, Dossiers personnels

MASSACRKS DE SEPTEMBRE I79

Chalier dirigeait à son gré les passions populaires. « Il préconise Marat au point que tous ceux qui ne sont pas Marat, et qui ne iiiara lisent pas sont dignes de mort ». Ainsi s'exprime Billiémaz écrivant à Roland. La commune et les districts administratifs viennent d'être renouvelés : « Sur vingt et un officiers municipaux, on compte quatorze scélérats, tous coupe-têtes. Les autres sont gens honnêtes ; mais ils n'ont accepté que parce que tout Lyon alarmé s'est jeté à leurs genoux. Dans le district administratif, on ne compte qu'un sujet; les autres sont encore .coupe-têtes, coupe-jarrets... Lyon est consterné '. »

Le 26 octobre, des hommes et des femmes s'emparent de la guillotine et la montent sur la place des Terreaux. Décidés à en faire sur le champ l'essai, ils se portent à la prison de Roanne, ouvrent les cachots et en retirent sept prisonniers qu'ils amènent à l'hôtel commun. En vain la municipalité essaie-t-elle de s'opposer à cet acte de justice sommaire : on traîne les malheureux sur la place pour les exécuter. Il fallut faire cerner la guillotine par des soldats. La foule dut relâcher les prisonniers. Comme on les reconduisait, cinq d'entre eux s'évadèrent. L'un des fugitifs fut tué, un second tomba blessé à mort dans la rue Saint-Pierre ''.

Un prêtre, originaire de Gascogne, échoué à Lyon après avoir été chassé de la cure de Saint-Bonnet-le-Troncy où l'avait placé le schisme constitutionnel, Laussel, venait d'être nommé commissaire près du Tribunal du district. « Il s'était — écrit Billiémaz — distingué par ses gentillesses, le vol, le faux, le viol, couteau à la main », et « tous ces faits étaient constants ». Ce Laussel avait sollicité et obtenu la mission de parcourir les départements du midi avec la qualité d' « apôtre de la liberté ». Roland, ministre de l'intérieur, ayant enfin reconnu qu'il était temps de mettre un terme à ses agissements, retira la mission qui avait été confiée à Laussel. Mais r « apôtre de la liberté » se fâcha. Comme il réclamait, dans une lettre fort injurieuse, le salaire des services rendus, il s'attira du Ministre cette verte réponse : « Il n'y a pas de violation, monsieur,

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