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posé do 5o chanoines. Vu sommel dn la hiérarchie, le Chapitre national et royal de Sainte-Geueneviève, ayant son siège dans l'église de la patronne de Paris. Ce chapitre devait axoirQS prébendes : savoir, 60 chanoines lilnlaires-conites, élus à tour de rôle par les chapitres diocésains ; -«^ chanoines honoraires ; ^ archevêques et , 12 évéques, chanoines-ducs ; 6 cardinaux, chanoinesarchiducs ; et un cardinal-primat et f^rand-archiduc, charfçé de la correspondance de l'Eglise gallicane avec le Pape, et investi de l'autorité nécessaire pour accorder toutes les dispenses, sans qu'il fût besoin de recourir à Rome. (( Tel est, dit l'auteur, en forme decon- M clusion, le projet d'un bon vieux curé de campagne, « blanchi sous le harnois, et qui ne désire rien tant que <• de voir tout le monde content et heureux. » Je ne sais (|uel accueil le comité ecclésiastique de la Constituante fit à ce plan baroque, mais l'abbé Thuin y ^agna de devenir évêque constitutionnel du département de Seine-et-Marne, ce à quoi il ne s'attendait probablement pas quand il alignait laborieusement ses colonnes de chiffres, faisant preuve tout au moins de ses aptitudes en arithmétique. Comme évéque, il fut bien intentionné, mais insuffisant; son administration fut déplorable ^.
U esprit public,
A coté de ces rêveries inofTensives, qui montraient seulement combien les esprits les plus conservateurs
I. Pi«;ani. ftépertoire de Vépiscopal ronstitutionneU 7'i-7-^-
{):\ L ESPRIT PI BLIC
étaioiil en qiu^to do nouveau los, il faut intoiTOfçer IVspril public ol ou rechercher les manifcsUilions.
11 y avait alors peu de journaux, et ceux qui existaient en 1789 étaient généralement des feuilles mondaines ou littéraires, qui ne se mêlaient pas do politic jue. Les \ouvciles ecclésiastiques y organe officiel des Jansénistes, paraissaient on Hollande et ne sortaient pas du cercle étroit des récriminations du parti. Le Journal ecclésiastique, fondé on 1760, avait été longtemps un recueil étranger aux événements du jour : on y trouvait des études assez étendues sur les livres qui paraissaient, et le rédacteur, l'abbé Barruel, ancien jésuite ^ y appréciait avec tfi^lenl et indépendance d'esprit les idées de ses contemporains. En 1789, Barruel annonça dans sa livraison do janvier, qu'il allait ouvrir une rubrique relative à la tenue procliaine des Ktals-
I. Bamiol (Aujrusliii). né à N inoiicu\o-de-lk»rjç (Ardèclio), on ly.'ii. Après sa sortie de la Conipaj^iiie. il collabora à V Année titU' raircy de Fréron, puis rédigea le Journal ecclésiastique jusqu'en août 1792. Passé en \njrleierre, il publia divers ouvrages contre le«« idées de la Réxolulion ; les plus importants sont : V Histoire du clenjè de France pendant la Révolution (3 vol., 179'!). ol ses MMémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme (5 vol., 1797-1798). qui rendraient plus de services aux historiens s'ils étaient écrits avec moins de pas sion. Henlrc en France en 1800, Barruel se ranprea parmi les parti sans déclarés du répime consulaire, en qui il voyait un principe de réno\aUon de l'ordre en matière civile et de rétablissement de la paix en matière religieuse. Il écri\il pour recommander avec chaleur radhésiou au nouveau gou^eruenlenl et la prestation du serment de fidélité demandé par la (À)nslitution de l'an Mil. K11 i8o3, il publia son ouvrage sur V Autorité du Pape, où il défendait les opinions ultrainonlaincs et soutenait le Concordat contre Iv» partisans de la u Petite Eglise ». Il mourut à Paris le 5 octobre i8jo. Il a^ait été nommé en 180a, chanoine honoraire de Notre-Dame de Paris.
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^l'îiéraux, et, dès le mois de février, il donna le loxle ^1'' l'ordonnance du 3 4 janvier, qui réglai l dans ses (Ittails la convc>oatii)U des électeurs et le choix des tlrputi^s. Kn avril, il se décida à aborder les questions 1 Tordre du jour. On s'agitait beaucoup à l'occasion des ahiors qui se rédigeaient d'un bout de la France à l'aiihv: dî\ers écrits de circonstance signalaient les al)ii>d(; toute sorte qu'il y aurait à corriger; des paniphlots violents commençaient h se répandre. Barruel «•^siude mettre les choses au point, mais il ne se fait \t'\< faute de reconnaître que les abus signalés sont r»'t 1-. spécialement en matière ecclésiastique, u Nos
• abbés de l\iris ou de la Cour, dit-il (p. ^^8i), sont au > moins grands-vicaires. Oui, ils en ont les lettres. En M ont-ils l'exercice ?... En vérité, c'est une dérision qui " fait gémir î Nos évoques ont huit, dix, douze, vingt '* grands-vicaires ; deux ou trois, tout au plus, tra- !' vaillent en province ; lesautres n'y paroissenl presque < jamais, et ces autres sont presque les seuls qui
• a>pirent aux évéchés et qui y arrivent. A ces autres » surtout, il faut au moins des abbayes. Abus inconce-
• xableî II leur faut les censures ecclésiastiques et " quelques années de séminaire pour y apprendre les '< obligations d'un prélre ! Voilà ce qu'il leur faut, et « non des abbayes!... mais à qui donc donner les ab-
• liayes ?.. . à ceux qui les méritent. Mais iM. l'Abbé a fait . l'éducation de M. le Marquis? M. l'Abbé, M. l'inslilu-
• tenir n'est qu'un simoniaque, ainsi que M. le Marquis. '« si, par un marché tacite ou exprimé, le bénéfice est M le prix d'une éducation... M. le Marquis est un avare .« qui se sert du bien d'au t ru i pour récompenser un
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« seniœ qu'il doit payer de ses deniers et M. l'Abbé, (( s'il est de bonne foi, ne mourra pas tranquille. » Pour conclure, Barruel proposait que les nominations aux bénéfices fussent faites d'après une liste de présentation dressée par une sorte de collège électoral formé dans chaque diocèse par les quarante principaux curés. (( Voous craignez, ajoutait-il, que par ce moyen quel- « ques évéchés tombent en roture ? Jo ne connais dans « l'Eglise d'autre roture que l'ignorance et le relâclio- « ment de la piété ! »
La liberté apostolique avec laquelle Barruel censurait les bénéficiers ne fut pas du goût de tout lo monde; naturellement, ceux qu'il mettait sur la sellette regimbèrent, ce qui est facile à comprendre : personne n'aime à s'entendre accuser de simonie et ceux qui vivaient inutiles aux dépens de l'Eglise trouvèrent mauvais qu'on le leur rappelât. Mais d'autres réclamations se produisirent : des ecclésiastiques respectables, des évéques, peut-être, se scandalisèrent des critiques un peu vertes du journaliste et le lui firent savoir. « Eh quoi ! Est-ce dans les circonstances trouce biéesque nous traversons qu'il convientde contrister (( l'Eglise en attaquant des usages que le temps a con- (( sacrés? Sied-il de choisir un pareil moment pour (( appeler l'attention sur quelques faiblesses indivi- « duelles et compromettre ainsi l'autorité de l'Eglise? (( 11 se peut qu'il se soit introduit ici ou la quelques « abus, encore faudrait-il dire qu'ils sont isolés. Mais (( n'est-ce pas à l'Eglise de réformer elle-même ce qui « peut être défectueux, sans qu'il soit nécessaire de u mettre le public au courant de nos affaires intérieures
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« qui ne ie regardent pas ? » VA on rappelait le cas dn bon Noé et de ses fils respectueux, dont on recommandait à Barruel de suivre rexemplc.
Sous C4* lilre : Im réforme du clergé à proposer fiux HtaLs-dénérnux, parut une brochure attribuée à un abb<' Brollier^. Or, Tabbé Broltier, ancien jésuite, venait de mourir, laissant un neveu, ecclésiasti(|ue luinu^'nie, et qui aura son heure de célébrité, mais qui prolesta contre l'abus fait du nom de son oncle. Barrtiel, dans son numéro de mars (Soa-SaS), proleste ron Ire celte mensongère attribution. On lisait en effet dans le pamphlet des assertions comme celle-ci : « Il a faut supprimer tout ce qui n'est pas d'institution di- M vine : abbés et abbesses, prieurs et chanoines, u moines et moinesses... 11 ne faut en tout et pour tous « ministres de la Religion que des évéques, des curés « et des vicaires. » Ces propositions allaient se trouver bientôt inc/>rporées dans la Constitution civile du (Clergé.
Dans un mémoire signé : « Un citoyen inutile, et qui se lasse de l'être 2 », nous trouvons développé le projet relatif à la création de caisses diocésaines alimentées par le produit des gros bénéfices qui ne sont pas a charge d'âmes ; les canonicats sont maintenus pour servir de retraite aux prêtres ayant travaillé vingt ans dans les paroisses, les collèges et les hôpitaux; l'amé-
I. Cil«« par I)elarc(r, m'O, d'apn's Bib. NaL, ••'*'. lo'.S. •». Cilr par Delarc (I, ici'i), d'apn-s Mil). Nat. ''''•', \^\^.
()8 i/espiiit luni.if:
lioralion du sort des prrlrcs inférieurs permettrai l de supprimer « l'odieux cnsucl et la taxe scandaleuse des chaises ». Flnfin. il \ aurait lieu do remanier la circonscription des paroisses de Paris, de diviser celles qui sont trop étendues et de réunir celles qui sont trop petites. Pour conclure, l'auteur anonyme dévoile sinon son nom, tout au moins sa qualité, en disant : u Les « prêtres hahilués sentenl Irop le malheur et l'injus- « lice de leur situation pour confier à d'autres qu'à « eu\-m/^mes le droil de la faire connaître, et pour ne « pas profiler d'une circonstance uni([ue, où ils se « trouvent en force, pour devenir quelque chose, et « porter personnellement au pied du trône, dans l'as- « semblée de la Nation, leurs doléances et leurs (( vœux. )) Il ne paraît pas que celle candidature d'un prôtre habitué ait recueilli beaucoup d'adhésions, car il n'en est pas trace dans les scrutins où furent désignés les députés h la Constituante ^
L'abbé Claude-Ignace Laurent était docleur de Sorbonne, el cependant, à 38 ans, il n'était encore que simple curé de campagne, à Fréligny, diocèse de Chartres. Kn 1789, il entreprend la publication d'un otnrage qui devait avoir trois volumes, mais dont un
I. Voir aniisi : IktlAmcen des églisiers^ ioutanien et prêtres des itftroisié"» (U> Paris (CUa^^'xn^ Ht 91. d'après IMb. \al.,^**, a'*5), ouvrajfc loiif^icmcnt aiialysi' el couvert (IVlogfos par U»s Xoiwelles errl^siasliqufs <lc< (i ol !.'< iV'NrMT 1790. ce rpii on caracti^riwe assez la loii (lance. — Dolt'tinrrs de l'exorciste de l'Eglise de Paris ((^liassin. II. 7^. iTapivs Bil). Nal., ••'", i.V»'i) . Mt'moirt» iiianiisorit siprné L. H. I>. B. C D. S. A. ( ? \x* Hlaiic do lieaulieu, chanoine do Saint- \ii jçuslin), Bib. \al.. B* (t\\
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sf'ul a paru sous ce titre : Essai sur la reforme du dcnjêK II y peint, dans des termes violents et souvent injustes, les abus dont souffre l'Eglise de France : des (Héques préposés au gouvernement d'une église sans avoir jamais exercé les fonctions pastorales... « Si quel- « qu'un d'entre eux a donné par hasard une absolution, « c'est apparemment qu'il a trouvé quelque moribond «sur sa roule... il a été élevé au fiiîle des dignités « ecclésiaslicpies sans avoir gouverné, je ne dis pas une « paroisse, mais une seule âme... Voyez si, dans « la marine, on devient amiral, chef d'escadre ou capi- « laine de vaisseau, sans avoir auparavant passé par « les grades inférieurs... Conlîe-t-on la conduite d'une t« armée aux oiFiciers qui n'ont jamais commandé un <« régiment, qui ne se sont jamais trouvés à la té le « d'une compagnie... Pour arriver à la Grand'Chambre, « ne fautnl pas être resté i5ou 30 ans aux Enquêtes? « 11 en est ainsi dans toutes les conditions de la vie ; « les évêques ont seuls l'indécent privilège de parvenir « per saltum i\ l'épiscopat, comme si l'ignorance, l'inn conduite et le défaut d'aptitudes avaient des suites « moins funestes pour les peuples dans le clergé, que « dans la magistrature, la guerre ou la marine- ? »
I. Viialysû par le» .\ouvclU'S ecclàsUistiqiies des .17 mars et 3 a^ril 1790.
3. C*/rst la pciiséo quo Barruel exprimait en termes peu différmls quand il écrivait dans le Journal ecdêsiasluiitt (avril 1781), ^S'O : « Monsieur Tablié est un bon gentilhomme ; son père est " colonel, son oncle est mort au service du roi, son fn-re... Monsieur « Tabbc, votre père sV'tait-il avancé dans le militaire sans des ser- << vices militaires et personnels? - - Non, me répondez-vous. — Kii '< bien, faites comme lui I »
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Les chanoines ne sont pas traités a>ec moins d'aniertunie el, en descendant l'échelle des emplois, l'auteur montre « la pénurie, la misère et l'avilissement du clergé inférieur ».
Aces grands maux, M. Laurent va-t-il proposer do grands remèdes? On s'attend à quelque projet suh\ersif et ce (jui \ient comme conclusion de son réquisitoire paraît bien anodin. C'est : i ' que pour être curé, il faille a\oir été quatre ans vicaire, el i" que pour être chanoine ou évèque, on ait passé douze ans dans de véritables fonctions sacerdotales. 11 faut reconnaître que si ces propositions semblaient scandaleuses en 1789. les idées ont marché depuis : on voit rarement aujourd'hui des cNéquesel même des chanoines nommés avant quarante ans.
Ot abbé L,aurent, si tapageur dans ses prémisses, ol si réservé dans ses conclusions, doail avoir une destinée très mouvementée : il est douteux qu'il ait j)rété serment en 1791 ; en tout cas, il se rétracta et fiiillil être massacré h Saint-Firmin. 11 a laissé de cette lugubre journée une i dation cpii est du plus haut intérêt historique, el qu'a signalée récemment Mgr de Teil, le vice-postulatcur de la cause de béatification des martyrs de Septembre *. M. Laurent, émigré en 179*1, revint à I*aris en i8o:«. et fut nommé curé de Saint-I^'U,. li Paris, une église que la Préfecture de la Seine avait dé- (^idé de démolir, et dont il ne put entrer en possession qu'après quatre ans de luttes persévérantes. Il admi-
I. Rapport du t'^ jiiin njo3. hi au nom tic la commission cliarptV de promouvoir la cause de l)caUncaiion des martyrs de septembre (p. 7 el î*ui\.).