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clé noinnié « prédicateur du Roi », distinction très appréciée. Les dignités et les bénéfices opulents étaient \cnus à lui plus encore qu'il ne les avait cherchés,: vicaire général de Bourges, prieur de Ploermel. abbé de Monlfort, il ne lui avait mancfué que quelques quartiers de noblesse pour devenir évèque, et il eût probablement été un fort bon évoque, mais il était roturier. 11 passa dans le camp des mécontents, et, dans un discours de circonstance qu'il prononça, en 1788, à Suresnes, à l'occasion du couronnement d'une rosière, il trouva moyen de développer tout un plan politique, et de dire son fait au gouvernement. La Cour y répliqua en lui faisant enle\er son litre de prédicateur du Hoi. Il se lança dans l'opposition ouverte*. C'est alors (|u'il publia son livre : De la rciigion nationale, qui a les allures d'un manifeste ré>olulionnaire. Je dis révolutionnaire, parce que tout est relatif à cette époque; on est surpris, quand on lit ce livre, de la modération des
I. Lo 33 ftWrier 1790, rabbé Faiicbet prononça, à Sainl-Eli<*nnoilu-Mont, \'()rai»on funbhre de l'abbé de VEpée, mort le iS décembre ijHtj. célèbre comme instituteur des Sovirds-Muets et fçrandement proné par les Janse-nistes, comme appelant de la BuUe(les M oiwelles ecclhidstiques dowwQwi le texte de son appel, dati'dc 1739). (k'tte oraison fmièbre a été imprimée aux frais de la municipalité cluv. LottiiK 'A Paris. Dans son exorde, Fauchet rappelle <c les (( temps dotiloureux où la Relijfion paroissoit consacrer les injus- « tices du Sceptre ». l,e ai juillet. Fa ucliet prend encore la parole l)our faire VKUnje de Henjnmin Franklin, qu'il appelle le u Docteur des Valions ». et il pnMid l'occasion de cette cérémonie pour lonner contre le fanatisme et l'intolérance. S'étant presque excusé, pour être consé(|uent a\ec lui-même, d'a\oir pris parti pt>ur les Jan>énistesdans son précédent discours, il fut >ivenient attaqué par les .\ouvelles ecrlésiasliijues^ i>our qui nul n*a\ait de talent el de >erlu ([ui ne fût inféodé à leur coterie. {\ouv. ceci. y y. oct.)
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(loinandes qui y sont formulées. L'àbbé Fauchel, comme Tabbé Laurent, croyait sans doute aller très loin : SCS lecteurs étaient peut-être effrayés de ses hardiesses ; la Cour jeta les hauts cris contre un pareil scandale. Il n'en est pas moins vrai que, dès Tannée suivante, Fauchet dut fortement hausser le ton pour se trouver au diapason général et pour conserver quelque autorité sur le parti qui s'était mis à sa suite. Malgré ses emportements oratoires, il était fait pour être un modéré; bien qu'évéque constitutionnel du Calvados, il finit par défendre toutes les causes contre lesquelles il s'était élevé en déclamations furibondes; il plaida la cause des insermentés, flétrit solennellement le mariage des prêtres, et protesta courageusement contre la condamnation de Louis XVI. Avec de telles opinions, il ne lui restait plus qu'à se faire guillotiner : il le fut, le 3i octobre 1793, avec les Girondins. S'il avait vécu quelques mois de plus, il eût pu voir comment avaient évolué les idées qu'il lançait timidement dans son ouvrage sur la Religion nationale, et il eut été épouvanté en mesurant le chemin qu'elles avaient faiti.
Le livre de Fauchet est surtout écrit contre la Cour, contre laquelle il avait des rancunes à vsatisfaire. La «' religion nationale » doit être, selon lui, celle du Pape et non celle du Roi. Le concordat de François V\ qui met la collation des bénéfices entre les mains du pouvoir royal, est m une conception infernale », et il
1. Pisani, ftéperloirey olc, i(u»-i7i. (Consulter aussi la Vie de Fauciiel, par l'abbé Cliarrior, de >e\cr8, (iiii paraîtra sous peu chez Champion, à Paris.
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fallait l'anéantir. C'est contre tout droit que l'Etal prétend inl-ervenir dans les matières purement ecclésiastiques, surtout dans la législation du mariage *. L'Eglise doit élre autonome pour le règlement des affaires où elle a une exclusive compétence. Comme remède à ces désordres, Fauchet propose que les bénéfices soient donnés à l'élection ; trois noms seront présentés pour les cures aux évéques et pour les évêchés au Roi, — et notons que cet adversaire de l'immixtion du pouvoir royal dans les questions bénéficiaires ne peut s'empêcher de rendre au Roi d'une main ce qu'il a essayé de lui retirer de l'autre. — Quant à l'institution canonique, elle sera donnée aux curés par les évéques, et aux évéques par le Pape.
Le corps électoral ne sera pas le Chapitre, comme l'avait réglé le droit canonique, mais il sera composé par moitié de prêtres et de laïques, les uns électeurs de droit, les autres choisis par leurs pairs, suivant une construction ingénieuse, mais compliquée, dont les projets de l'abbé Thuin nous ont donné un premier spécimen, et dont l'abbé Siéyèsserale fabricant inépuisable jusqu'à la lin de la Révolution.
Le clergé inféiieur est trop nombreux, et c'est pour
1. Barniel, commciitanl ce passage (Journal erclésiastique, ocXobre iT^fj, i3(j-i37), parait bien d'accord avec Fauchet : « 11 faut « laisser de coté tous les barbouillages que certains théologiens et « jurisconsultes, de France et d'Allemagne, pour flatter le despo- « tisuïe des Princes et des Tribunaux, ont écrit sur le mariage. « considéré comme sacrement et dans les rapports moraux. Il « n'appartient (|u'à l'Eglise de décider celle doctrine. Ce qu'elle a « lixé au Concile de Trente est au-dessus de toutes les atteintes des u trônes et lie sou\erainement les consciences. »