‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 133 sur 364 · LOUIS XVI ET LA C0?ÎST1TLT10N DE I79I · texte numérisé non relu

LOUIS XVI ET LA C0?ÎST1TLT10N DE I79I

use de son droit de l'eto, et alors commence à se développer une fermentation, habilement entretenue et activée ; quel est donc ce droit odieux qui permet au monarque de braver les volontés du peuple? La presse révolutionnaire revient chaque jour sur ce thème; doctrinale, grossière ou sarcastique, elle bat en brèche les diverses prérogatives royales, et, couverte par l'impunité, en vient à exprimer les menaces les plus atroces. Dans les clubs, on commente les articles des journaux ; des déclamateurs furibonds chauffent à blanc toutes les passions ; des organisateurs d'émeute commencent à entraîner leurs bandes et le lo août au soir, Louis \V1 n'est plus qu'un prisonnier d'Etat. Il est bien à croire que si même il eût sanctionné les lois de déportation, un autre prétexte n'aurait pas manqué pour le détrôner, mais il n'en est pas moins acquis que pour n'avoir pas consenti à suivre jusqu'au bout les persécuteurs de l'Eglise, Louis XVI perdit la couronne et la vie. Gela suffit pour nous faire oublier bien des fautes que d'ailleurs il a cruellement expiées.

Après le lo août, il semble qu'une digue ait été ronjpue : le flot des passions anti-religieuses que rien ne contient plus se répand en renversant les derniers obstacles ; les mesures contre les prêtres sont encore une fois renouvelées et de plus en plus implacables ; sans resi)ecter les délais prévus par la loi elle-même, on les pourchasse, on les emprisonne, on les présente comme des conspirateurs, des traîtres, des égorgeurs du peuple, des alliés de c«s Prussiens qui marchent sur Paris; un mot d'ordre circide : il faut exterminer ces monstres ; des compagnies d'assassins

Page 1