‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 135 sur 364 · G L\ LOI DES SUSPECTS · texte numérisé non relu

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In loi des suspccls fut appliquée avec une rigueur impitoyable. Linslilution des certificats de civisme et de In carlo de sûreté mettait ime arme redoutable aux mains des Jacobins persécuteurs. Un prêtre voulait-il obtenir un passeport pour quitter Paris, ne fût-ce que pour |XMi de jours, voulait-il loucber le quartier échu de sa pension, il devait se présenter à sa section pour établir avant lout qu'il était en règle avec les lois : exhiber le récépissé des serments qu'il avait eu à

pouplo ». jiwir» sans don le, parce qu'elles ne tombaient pas sur lui. Quant & la population, terriflt'e, elle n'osa pas intervenir : tians toutes les catastrophes, la foule est cynique d'é^ïsine, et la peur mène à toutes les lâchetés. Il semble donc qu'en ces horribles circonslanres, personne n'ait fait son devoir et que les responsabiliU'^ s'étendent & rinlini.

Mais Danton ? Setil, dit M. Aulard, il ne perd pas la tête : il emptVIie la fuite des ministres, il s'interpose, il se compromet pour arrêter TelTusion du sang ; il cache un dossier afin de sauver un innocent, et c'est Fabro d'Eg^lantine qui lui dérobe ce dossier xx>ur le donner à Ma rat.

Alors, conclut M. Aulard, les témoins qui ont parlé ne méritent pas créance : les uns mentent, comme Madame Roland,' qui ne pouvait ignorer la vérité, les autres se sont trompés, comme M. de Sé(,îur, d'autres enfin ont parlé sans savoir, comme Lafayette,, Louis Phi lippe et généralement tous les historiens.

Restent cependant les aveux de Danton hfi-méme : son silence ({uand le san^ coulait devait préserver, nous dit-on, une popularité qu'il avait besoin de conserver pour travailler elHcacemenL au salut de l'Etat. 11 a félicité Fournier T Américain après le» massacres de Versailles...? Qu'en peut-on conclure « au point de u vue de sa complicité avec les massacreurs? ». Mais il a avoué? <( Admettons que Danton ait tenu ces propos. Je ne vois là que des sophisme» ou des mensonges politiques, assurément blâmables, odieux, si vous voulez (ailleurs, page loi^, M. Aulard emploie le mot d'hypocrisie pour qualifSer cette conduite) mais qui n'ont rien d'invraisemblable de la part de celui qui a dit : « Qu'on m'appelle buveur de sang et que la patrie soit sauvée ! » 11 aimait mieux

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prêter — les quittances établissant qu'il avait payé ses impôts et sa quote-part des « contributions patriotiques » — produire une attestation où le sergent de sa compagnie de Garde Nationale disait s*il avait fait son service, monté ses gardes ou payé un citoyen pour les monter à sa place. On entendait alors tous ceux qui avaient quelque dénonciation à faire, quelque soupçon à formuler, et, si rien dans ces plaintes ne paraissait sérieux, une carte était délivrée au postulant* sans laquelle le bureau des passe-ports ou le caissier des pensions eussent répondu par un refus formel. Quand des accusations s'étaient produites, que l'intéressé n'avait pas su y donner une réponse satisfaisante et que la carte avait été refusée, le postulant pouvait être arrêté, car le refus de certificat de civisme était un des

que son gouvernement parut complice des meurtres que si on l'avait cru débordé par les hommes et les passions. 11 aimait mieux que TEurope et la France jugeassent le Conseil exécutif criminel, que si on l'avait vu, dans cette crise de la défense nationale, annihilé et impuissant. Il lui semblait ulile, au salut de la patrie, quand les Prussiens marchaient sur Paris, que celui qui passait pour le chef de la dictature provisoire eût Tair de diriger tout, même le mal, même le crime ! Voilà le secret de ces propos violents, de ces responsabilités cyniquement revendiquées, pour masquer Téchec de sa politique humaine et patriotique. Lui qui s'opposera de toute son habileté aux coups de force dti 3i mal et du a juin, il n'hésitera pas à dire ensuite, pour rétablir le prestige de son gouvernement, que c'était lui qui avait fait les journées. Imprudents artifices, que paieront cher sa mémoire et sa cause, mais dont les faits, impartialement établis, ne nous permettent pas d'être dupes » (p. 91-93).

Ainsi, d'après M. Aulard, Danton serait pur de toute participation aux massacres, et son unique tort serait de s'ôtro vanté de les avoir ordonnés. Je dois avouer que cette démonstration ne me parait pas péremptoire.

8 LE CLEacé ET LA GARDE NATIONALE

cas qui rangeaient un citoyen dans la catégorie des suspects. Si la plainte n'avait pas paru assez fondée pour motiver un refus absolu, mais assez pour faire naître quelque soupçon, le prêtre recevait une carte, mais d'une couleur diiTércnte de celles qu'on donnait aux u bons citoyens » et chaque fois qu'il avait à la présenter, il se dénonçait lui-môme comme un individu dangereux dont il fallait se défier.

Lo prêtre commandé pour monter la garde devait prendre part aux opérations de police, perquisitions, arrosta lions...

Un jour, un particulier se présenta à la porte d'Orléans venant de l'extérieur : avant de le laisser pénétrer dans la ville, le factionnaire lui demanda d'un ton bourru de présenter ses pièces, et il sortit de son p<»rlc feuille une carie au nom de Pastel, médecin a Sceaux. Le prétendu Pastel n'était autre que l'abbé Nicolas (juillon, ancien aumônier et bibliothécaire de la princesse de Lam balle ^ Pendant la Révolution, il

I. GuUlon (NicoUs-Sylvoslre) n<i le t** janvier 1760, à Paiis, Mtr la paroisKo St-S^verin, coUabora avec i'abbé Bairucl i ses publications polémiques oonlre la RévoluUoii. ^k>us rEmpire, il hii chanoine honoraire et bibliothécaire du chapitre de Notre- Dame, ri ensuite profes9eur à la Faculté de théologie: il travailla à lYniition do^ Pères de CBglise^ œuvre hâtive que devait rendre à peu prèf inutile ré«liUon de M igné. Sous la Resta uraUon, il se ranirea dans TopposIUon, ce qui lo fit choisir comme oonfessour par la duchesse d*Orléans. Aussi, au lendemain de la Révolution de Juillet, ne ftit-on pas surpris quand, du haut do la chaire, dans ré|7li»o de la S«rl>onne, il lit une bruyante adhésion au rc'gime noxiveau. t)ési|nié par Louis- Philippe pour rêvAché de Roauvais, Il fut attaqué passionnément, et le Pape, dont Louis-Philippe n*avait pas demandé Tadhésion préalable, ne se montra pas disposé à lui donner Tinslitution canonique. Lc5 choses en étalent là

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