Vie de M, Emery, 1, 33:) bis
DE M. EMERT I I
tèrent donc de sévérité et amenèrent la découverte d'une correspondance de M. Emery avec des prêtres de Saint-Sulpîce qui s'étaient réfugiés à Baltimore et y avaient fondé quelques œuvres ^.
Disons tout de suite que les poursuites commencées contre le frère de M. Emery aboutirent à un acquittement, car son rôle dans toute cette alTaire était fort innocent. Quant au supérieur de Saint-Sulpice, il fut interrogé les a 3 et a 4 mai -. Toujours, il donna des explications satisfaisantes, prouva qu'il était étranger aux menées contre-révolutionnaires dans lesquelles on voulait l'impliquer; que si, dans ses lettres à son frère, il y avait quelques expressions un peu vives, le ton général n avait rien qui pût motiver une accusation. Son frère, étant venu à Paris pour affaires, au mois de mars 1798, avait changé des louis pour des assignats afin de profiter de la prime du change : il espérait écouler ses assignats avec bénéfice, mais il arriva une nouvelle baisse du papier-monnaie, qui rendit la spéculation fort désavantageuse. M. Emery raille amicalement son frère sur sa déconvenue, mais il n'y avait pas moyen de tirer de là la preuve qu'il travaillait à déprécier le crédit public, et ce chef d'accusation tomba comme les autres.
Ce qu'on aurait pu lui demander, c'est si, supérieur d'une communauté dissoute et d'un séminaire fermé, il n'avait pas continué h gouverner l'une et l'autre,
I. L*hi6loire de la fondation des œuvres sulpicienncs des Etats- Unis est racontée avec beaucoup de détails intéressants dans le Bulletin des anciens élèves de Sainl-Snlpice {njoS-i^o^).
a. Arch. Nat., VV«. 181.