MISE EN LIBERTÉ DE M. EMERT
dans la mesure où les difficultés du temps le lui permettaient. Quand il se verra en face de la mort, M. Emery écrira que s'il est demeuré en France au lieu d'éniigrer en Amérique avec ses confrères, c'est précisément qu'il voulait sauver ce qu'il p)Ourrait des établissements de sa compagnie ^ Il vivait avec quelques-uns de ses prêtres, et il recevait comme externes et isolément tous les séminaristes qui avaient dû quitter la maison. Mais cela, la police ne le savait pas. ou, si elle s'en doutait, elle n'avait pas réussi à en faire la preuve. M. Emery fut néanmoins maintenu dans la prison de Sainte-Pélagie, et son procès resta interrompu.
En attendant, ses amis agissaient pour le faire délivrer : c'étaient tout d'abord les membres de la section du Luxembourg qui siégeaient depuis trois ans au séminaire et qui n'avaient eu qu'à se louer des procédés courtois, prévenants et attentifs avec lesquels on les avait toujours traités. Quand M. Emery fut obligé de leur abandonner la jouissance de tout l'établissement, ils lui offrirent de conserAer sa chambre et ne voulurent accepter aucun loyer*. C'était un beau mouvement que de permettre à un propriétaire d'occuper une partie de la maison dont on l'avait dépouillé et cela gratis ; et il faut le remai-quer parce que nous ne trouverons pas beaucoup d'exemples d'une pareille générosité. Quoi qu'il en soit, les membres de la section, qui connaissaient les idées de M. Emery.
I. Cette lettre, adressée à M. Nagot, est citée dans la Vir df M. Emery, pp. 3^3 6/5 à 3/i6.