LES PRÊTRES SE CACHENT
Trois religieux, un ancien chanoine régulier de Sainte-Croix de la Bretonnerie, Gandin, un bénédictin, Malilourne, et un Carme de la maison des Billettes, Mercier, s'étaient associés pour vivre plus économiquement dans une maison de la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie. Us furent accusés de reconstitution de communauté religieuse et enfermés à la Forcée Ils disparaissent tous les trois sans que rien indique qu'ils aient été mis en liberté. Leur âge les dispensait de la déportation, mais la réclusion h Montaigu, puis à Bicêtre n'était pas une peine moins terrible pour des vieillards. Il est à craindre qu'ils aient péri, victimes de quelqu'une de ces épidémies causées par l'encombrement et l'insalubrité qui ravageaient périodiquement les prisons et préparaient la place nécessaire pour une nouvelle fournée de prisonniers.
Les prêtres insermentés ou rétractés qui exerçaient le ministère savaient que la moindre imprudence pouvait les perdre : ils usaient donc de circonspection et se cachaient de leur mieux. M. Cirriez, de Saint- Germain-l'Auxerrois. se disait homme de loi: ildonnait des consultations qui devaient être bonnes, car il était instruit et fort prudent^. M. Magnin s'était fait revendeur de vieux habits et M. Malbeste, marchand de bas ambulant ; ils s'en allaient criant leur marchandise et regardant aux fenêtres ; une tête apparaissait : au signal, ils montaient mais ce n'était ni pour des bas, ni
, Arch. Nat., F7./i72o et /i774^«.
. Ibid., F'.4648.
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poiMwIcA \inix liniiits: r'élait un enfant à baptiser, un iiuil/ulf* /i nn.MiHtcr, des affligés à con<soler, et leuroflicc miipli, iU roconiinciiçaîenl a arpenter les rues en rv\winu{ leur cri professionnel, qui pour les seuls Inlli/'H vonlail dire: «Voila un prôtre qui passée» M. dr Sauihury ^'tait ouvrier chez un quincaillier: d'ntiliTN riaient typographes ou commis dans des hnri(|nrM« tlrn études ou dos magasins. Le soir venu. tnUH cnnunençinent leur travail de prêtres; il s'en trnn>a qui Huront s'introduire dans les prisons pour y porlrr deî* amsolations aux confrères qui étaient d('*l4*riUH. ot procurer la conversion et le s^Uut à d'autres prUiMUiierH ((ui avaient attendu l'heure suprême pour HP ré(M)McilifT avec Dieu.
tjuand la guillotine commença à fonctionner régullcHMiicnl, <vs pri^tres se tenaient au courant des Iravativ du Tribunal n'^volutionnaire, et chaque jour ils conHuHaiout la liste de ceux qui. accusés le matin, devaient Hiv exé<Mités le soir. Des affiliés avertissaient loH \i(Miuit\s, et (|uaud la fatale charrette les conduisait h réchafaud, elles étaient prévenues qu'à un endroit con\»Mni, un prAtiT s<ï trouverait sur leur passage, déguiM*. niais inconnaissable à quelque détail de costume. \u ix^in d'une rue. à une fenêtre, parfois sur le lieu de Texécution. le condamné apercevait celui qu'on lui avait annoncé : il se recueillait et recevait une deriiit^rt* alvutlution. Pimr ne }mis être trahis, ces prêtres, qui s*ap|H'laient enti*e eux les <t aumôniers de la guillotine. « n'étaient de service qu'à tour de rôle, généra-