IX: LA GllLLOTl^K lj
lement une fois par semaine, l^nui eux rlaionl W. lU^ chot. le \icaire gvnéral que nous a^nnaissiui.s tW^jA^ M. Grayo de Kéra\enant, qui a>ail cchap|H* au massacre des Carmes et qui sera plus tard curtMlo Siunl- Germain-des-Prés, MM. Magnin et lV>oisins» futurs curés de Saint-GermaÎD-rAuxerrois, et clo Saiut- Etienne-du-Mont: Tabbé Philibert de Hr\iillar( qui. après avoir gouverné â Paris les paroisses de Saint- Nicolas-du-Chardonnet et de Saînt-Elienne-dii-Mi>nt. sera évéque de Grenoble jusque sous le n^jrno de Na|K>léon III i.
Le nombre des prêtres insermentés ou rétractés qui exercèrent sous la Terreur est assex diflicile a déterminer. Les recherches qucj*aî faites m'ont donné le moyen d'en îdentiGer environ i5o, mais le sonrl dt)nl ils s'entouraient permet de penser qu'un ass*»/. ^rand nombre a su dissimuler son existence. J'ai trouvé la preuve que 80 d'entre eux furent arrêtés et (jpiillotinés. 11 n'en est pas moins plus que probable que ces cliilYres sont inférieurs à la réalité. Malgré le soin avec lr<|uel j'ai dépouillé les livres d'écrou, il a dû m'en échapper; d'abord parce que plusieurs de ces livres ont été brrtlés en 1871. ensuite parce que ces prêtres prenaient tles noms d'emprunt, que je ne connais pas tous, el sous lesquels ils ont été inscrits sans qu'il soit fait meiilion de leur qualité de prêtres. Il n'en est pas moins vrai qu'ils formaient un beau bataillon d'honinies intré-
I. En 1848, Mrt Philibert de Hrtiillart rédigea pour M. Tr(>«- >aiix, chanoine de Paris, un récit de sa vie et de sca travaux «pn^- Inliques pendant la Révolution. L'abbé Dclarcen a reproduit une partie dans son t. HI, pp. 9^99.
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pides qui jouaient chaque jour leur vie pour faire leur devoir.
A leur lèlc était l'état-major des vicaires généraux : MM. de Malaret, de Dampierre, d'Espinassc, Emeryet Béchet. Nous avons eu déjà à parler de ces deux derniers, membres de la Société de Sain t-Sulpice. M. Syncholle d'Espinasse, ancien jésuite, avait été vicaire général de Mende ; M. de Juigné l'avait appelé en 1782 au chapitre de Notre-Dame. M. Bruno de Malaret était, dès avant la Révolution, archidiacre de Brie, et l'un des vicaires généraux de Paris ^ M. de Dampierre avait été vicaire général de M. de Juigné à Ghâlons et l'avait accompagné en la même qualité quand le prélat était devenu archevêque de Paris. Arrêté une première fois à Ghâlons en 1792, et mis en liberté, il était revenu prendre son poste à Paris 2. La police jacobine le connaissait bien et ne cessa de le poursuivre. Elle arriva une fois rue d'Anjou, au Marais (aujourd'hui rue Pastourelle) dans rhotel de la Présidente de Barmond, où on croyait savoir que l'abbé de Dampierre avait pris domicile. On ne fît aucune difficulté pour conduire les policiers dans une chambre qu'on leur dit être celle « de M. l'abbé, » mais il n'y était pas. Une minutieuse perquisition n'amena que la découverte de papiers sans importance : prévenu à temps, Tabbé était parti pour la campagne et on perdit encore une fois sa trace. Les
1. Arch. Nat., F"./i77/|3'. — Histoire du culte à Paris, de h Terreur au Concordat, par l'abbé Grente. Je ferai souvent usa|;c de ce pn'cicuK ouvrage.
1. Arch. Nat., F^./iôCo. — L'abbc MiUard, Le clergé du diocèse de Châlons-sur-Marne.
LES VICAIRES GENERAUX 3l
agents s'en retournèrent en emportant les papiers qu'ils avaient saisis : je les ai eus entre les mains et ils ne contenaient rien de compromettant pour personne. Environ tous les trois mois, on faisait une nouvelle tentative pour saisir le fugitif, mais il resta introuvable et les ordres d'arrestation se superposent les uns sur les autres dans son dossier comme une preuve de la persévérance et de la maladresse de la police.
M. de Malaret fut arrêté, mais seulement sous le Directoire, et fut envoyé à l'île de Ré. Sa maison, rue du Cloître Notre-Dame, fut souvent visitée par les policiers sous la Terreur ; on pouvait constater qu'il n'était pas parti depuis longtemps mais il avait disparu. On pla(;ait des gens en embuscade pour le saisir dès qu'il rentrerait, mais il ne rentrait pas. Quand la garde avait été relevée, il reparaissait sans qu'on sut d'où il venait. C'est à croire que le clergé de celte époque avait à son service une contre-police qui s'ingéniait à éventer toutes les manœuvres de l'autre, et qui fa i sa il son service avec infiniment plus d'adresse, puisqu'on n'a jamais su comment elle était organisée.
Nous avons vu comment le clergé insermenté s'était préparé à des éventualités qui devaient se produire sous le nom de « Terreur )). Nous allons voir comment les constitutionnels vont supporter ce rude choc et quelles conséquences ce régime de persécution ouverte aura sur ce corps déjà ébranlé par les divisions intérieures.