‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 151 sur 364 · I-ES ASSERMENTÉS · texte numérisé non relu

I-ES ASSERMENTÉS

il n'y a pas deux caractères coulés exactement dans le môme moule, nous devons bien nous en tenir à des approximations. Un convaincu, c'était l'abbé Fauchet : mais alors même qu'il divaguait avec le plus de passion, croyant fermement à ses extravagances, cet emballement irraisonné n'excluait pas la secrète envie de devenir l'un des chefs de l'église qu'il travaillait à fondera Brugière, le curé de Saint-Paul, était aussi un convaincu : tant qu'il végéta dans la disgrâce, il ne pouvait se faire entendre en dehors du petit cercle dont il était l'âme. Or, pour faire triompher les idées qui lui étaient chères, il avait besoin de s'élever. Pour répandre la véritable doctrine de saint Augustin sur la grâc^, légitimer la résistance à la Bulle inigenitus, protester contre le formulaire, combattre les « superstitions romaines », propager l'enseignement de Quesnel, faire renaître par ces moyens la piété austère des solitaires de Port- Royal, et régénérer l'église gallicane corrompue par les Jésuites, il fallait qu'il obtînt un poste lui conférant l'autorité nécessaire. Il fut donc ambitieux pour servir ses convictions, mais il serait injuste de le confondre avec les vulgaires arrivistes qui ne virent dans la constitution civile qu'un moyen d'échanger la position médiocre de curé de campagne pour la dignité suprême de l'épiscopal, ou ceux qui. remplissant dans une paroisse de Paris quelque fonction subalterne, se

1. L'abbc Charrier, de Nevers, vient de publier une excellente vie de Fauchet où so trouve étudié avec beaucoup de pénétration le caractère complexe de ce prêtre intelligent, mais dévoyé. (3 vol. Champion.)

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