‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 156 sur 364 · LA FÊTE DE ?ÏOEL EN · texte numérisé non relu

LA FÊTE DE ?ÏOEL EN

des constitutionnels avec l'autorité civile. Dans le centre de la ville, comme à Saint-Eustache, Saint- Gervais, Saint-Jacques-la-Boucherie et Saint-Sauveur, les curés avaient docilement déféré à Tordre de fermer réglise à six heures du soir, mais les paroissiens, mécontents d'être privés de la cérémonie traditionnelle, s'attroupèrent autour des portes, dispersèrent les agents de la police qui les gardaient, et, pendant que les uns entraient et commençaient à allumer des cierges, les autres s'en allaient trouver le curé et lui disaient qu'on avait besoin de lui pour présider la cérémonie. Pris entre la défense de la municipalité et la volonté inébranlable de leurs paroissiens, les curés essayèrent de faire constater par les ofQciers publics la violence qui leur était faite et la contrainte à laquelle ils étaient obligés de céder, puis ils s'exécutèrent en remerciant Dieu de leur avoir donné des âmes aussi résolues à gouverner. Cependant, comme il fallait ménager les susceptibilités du pouvoir, ils s'efforcèrent dans leurs sermons de recommander le calme et l'obéissance aux lois, ^ialgré tout, le peuple était mécontent et il se produisit une certaine effervescence qui se prolongea pendant toute la journée du 25. Les malveillants en profitèrent pour accuser les prêtres d'avoir été les instigateurs secrets de cette petite émeute ; les paroles de conciliation qu'ils avaient prononcées étaient transformées en appels à la révolte, et leurs démarches auprès de la police traitées de misérables subterfuges. Ces accusations n'eurent pas cependant de suites immédiates, mais quelques mois après, elles furent reprises, habilement exploitées par

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