Ibid. F"./,7.1j
LE CURÉ i/aUTEUIL /|()
sion séculière n'évita pas à l'abbé Pérignon d'être arrêté et condamné à mort *.
F^nfin, le curé lui-même donna sa démission et il ne resta plus pour desservir l'église que le second vicaire, d'Aigiiebelle, le sacristain Delamarre, a>ec quelques collaborateurs qui ne venaient à l'église qu'en se cachant, pour échapper aux dénonciations 2.
Le 26 août, on conduisit à la prison des Madelonneltes un ancien Bénédictin, nommé Lefévre-Laroche, sorti de son ordre longtemps avant la Révolution ; ami de F^avoisier, d'Hehetius, il partageait leurs opinions philosophiques ; cependant, il n'avait pas abandonné son état, et remplissait encore les fonctions de chapelain de la veuve d'ilelveliug à Auteuil. En 1791, il était devenu curé de la paroisse après la rétractation de M. Vaschaldes, et avait en même temps été élu maire de la commune. C'est en celte qualité de maire qu'il fut arrêté ; on l'accusa d'avoir combattu Marat en 1792, d'avoir fait disparaître un buste de Mirabeau placé à la maison commune d' Auteuil (c'est-à-dire à la mairie) ; et d'avoir fait construire cette maison commune on ne savait aux frais de qui. De plus, on découvrit qu'il avait été chapelain du château de Maisons, appartenant au Comte d'Artois. Il eut beau dire que ce litre de chapelain ne comportait ni fonctions, ni traitement ; on l'incarcéra comme agent de l'émigration, et il passa des Madelonneltes h Picpus,
I. Arch. Nal., Fi».8C/i cl 88(j ; F'. .'177V''. 3. /616. F»o.88().
aO LES VICAIHES DE SVrNT-LEC
de Picpus à l'Abbaye, et n'en sortit qu'en 1795 *.
A Saint-Leu, le 12 septembre, on apporta un enfant à baptiser : or, cet enfant n'avait pas encore été déclaré à rétat-ci\il; l'abbé Dubois, attaché à Iji paroisse, fil la cérémonie, el le second vicaire, l'abbé Dobbé. donna un extrait de baptême. Ces deux prôtres avaient commis une double contravention : dénoncés le 17 septembre, ils furent arrêtés l'un et l'autre ; le tribunal les acquitta, mais ils n'en restèrent pas moins en prison ; ils furent mis aux Madelonnetles, puis à Bicètre, aux Bénédictins anglais, où ils étaient encore un an après leur arrestation -.
Le 3 3 octobre, l'abbé Hanquez, de Saint-Sauveur, fut dénoncé pour avoir parlé sévèrement d'un de ses confrères, qui s'était marié, et pour n'avoir pas monté ses gardes. On l'arrêta et on lui demanda s'il était marié ; il répondit : « Cela ne regarde personne et la loi ne m'y oblige pas. » Il fut emprisonné au Luxembourg, puis à Bicêtre, puis à Saint-Lazare, d'où il sortit après la mort de Robespierre 3.
Une affaire qui faillit avoir des conséquences tragiques fut celle du clergé de Saint-Augustin (Notre- Dame des Victoires). Au mois de septembre, les commissaires qui perquisitionnaient pour enlever les fers, cuivres et plombs réquisitionnés pour les besoins de la défense nationale, découvrirent « deux chambres
1. Ihid. F"'.i7CG el h'j'j^^. Étant en prison, il avait livré ses lettres» do prêtrise, sans obtenir do se faire mettre en liberté. Le Presbytère constitutionnel le réhabilita cependant le 3o juin 1795.
a. Àrch. Nat., 1^.^1678 et /i68a.