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VERS LA SUPPRESSION DU CULTE PUBLIC 5l
remplies d'ossements )>. Il est facile de penser quelles histoires on pouvait broder sur ce thème macabre. Pendant plusieurs jours, on ne parla que des crimes horribles commis par le curé de Saint-Augustin. Or, ce curé était le fameux Aubert. En y regardant de plus près, on reconnut que ces ossements étaient des reliques déposées en cet endroit par les Pères Augustins quand ils avaient été obligés d'envoyer leurs reliquaires à la Monnaie ; ces reliques figuraient d'ailleurs dans l'inventaire. « Ces ossements, dit le rapport, sont enveloppés dans du coton, avec des papiers écrits en lattin (sic) » *. Aubert, qui avait donné de sérieux gages de son attachement à la Révolution, évita la prison, et, pour désarmer les malveillants, il fut des premiers à livrer ses lettres de prêtrise ; il lès remit solennellement à la Commune avec celles de tous les ecclésiastiques attachés à sa paroisse, le ai brumaire. Quant aux reliques, elles furent respectueusement enterrées dans les caves de l'église. C'est là que les gens de la Commune de 1871 les ont retrouvées, ce qui leur a permis de rééditer les histoires de 1798, avec autant de succès, car on réussit toujours quand on essaie d'exploiter la sotte crédulité des prétendus incrédules.
Ces diverses incidents n'étaient que des escarmouches qui préparaient la grande bataille. Les passions anti-religieuses n'étaient pas encore déchaînées, mais partout on percevait les signes avant-coureurs de la tempête.