‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 174 sur 364 · LA TERREUR · texte numérisé non relu

LA TERREUR

La persécution de brumaire, an 111. — Mascarades sacrilèges. — Arrêté du 3 frimaire. — Arrestations, abdications et apostasies. — Les curés constitutionnels de Paris pendant la Terreur. — Mouvement hostile à la persécution. — La palinodie de Chaumette. — Loi du i6 frimaire. — Continuation de la persécution. — Saint-Roch en l^iJf^. — Condamnation de (iobel.

Le mois de novembre 1798 (brumaire-frimaire an II) correspond à Paris à un mouvement de fanatisme anti-religieux, qui, préparé de longue main dans le silence, éclate presque subitement, et va déterminer la dispersion et l'avilissement irrémédiable du clergé constitutionnel. Telle est la lamentable crise que nous devons étudier.

Les lois de persécution s'étaient multipliées depuis quelques mois : celle du 18 mars, rendue à l'occasion des troubles de Normandie, portait que tout prêtre compromis dans un mouvement insurrectionnel serait puni de mort; — le 28 avril, la déportation à la Guyane avait été donnée comme sanction à la loi qui imposait le serment de « Liberté-Egalité » ; — le 17 septembre

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fut votée la loi des suspects dont plusieurs dispositions permettaient de rechercher et d'incarcérer les mctnbro du clergé ; — le 39 vendémiaire (20 octobre) la condition des insermentés avait été rendue plus périlleuse encore : il suffisait de la dénonciation faite par deux citoyens pour qu'un prêtre, accusé de complicité a^eo les ennemis de l'intérieur ou de l'extérieur, fut mi^ à mort dans les vingt-quatres heures, sur simple constatation de son identité. L'accusation d'incivism»» contre un prêtre insermenté, mais non perturbateur, entraînait de droit la déportation. Ainsi, après avoir tant prôné l'égalité devant la loi, on violait ce principe fondamental de la Constitution de 1791 en créant des catégories de citoyens soumis à des lui^ d'exception.

Ces lois atroces, justement à cause de leur atrocité, ne furent pas appliquées dans toute leur rigueur, mais elles mettaient aux mains des persécuteurs fanatiques des armes dont ils pouvaient user impunément quand ils voulaient donner un air de légalité à leurs acle> arbitraires. Il était toujours facile de ranger le malheureux qu'on voulait perdre dans une classe quelconque de proscrits, et, s'il ne manquait qu'un délateur, on trouvait sans peine quelque lâche pour faire cet ignoble métier.

A Paris, nous savons que le décret du 16 brumaire avait été communiqué aux sections et que les égli.'ies avaient été fermées sans exception ^ Le 17 brumain'. Chaumette avait fait voler qu'une fête serait célébrée

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