‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 181 sur 364 · L\ TERREUR · texte numérisé non relu

L\ TERREUR

fléchi dc\aiit les menaces et comment ceux que la peur d'un péril imaginaire avait portés à prêter un premier serment ne reculaient devant aucune bassesse quand c'était un danger réel qu'il fallait écarter. Nous comprenons maintenant pourquoi il s'est trouvé tant d'apostats dans les rangs de l'église constitutionnelle : chez quelques-uns, la répudiation avait été sincère, car c'était en se consacrant à Dieu qu'ils avaient menti ; mais chez le plus grand nombre, ainsi que nous avons vu pour Gobcl, la déprêtrisation avait été le dernier terme d'une série de défaillances et un moyen suprême d'échapper à la prison, à la déportation et à la mort.

C'est qu'à cette époque la vie humaine semblait avoir singulièrement baissé de prix : l'échafaud était dressé en permanence : après Marie-Antoinette, les Girondins y étaient montés, puis Madame Roland et la Dubarry, Manuel, le septembriseur, et Philippe-Egalité, le régicide; Roland lui-même s'était tué en apprenant l'exécution de sa femme ; puis encore des victimes, généraux, députés, ministres, Rabaut Saint- Etienne, Rersaint, Clavière, Barnavc qui avaient eu leur heure de popularité et que réunissait une destinée commune.

Le défilé des fanfarons d'apostasie, scandaleusement monotone, avait encombré pendant une dizaine de jours la barre de la Convention, mais on en avait assez et une réaction était imminente. Le 27 brumaire. Robespierre, dans son rapport sur les dénonciations du Comité de la Fédération des sociétés populaires, avait prononcé quelques paroles significatives : « Il est deux « moyens de tout perdre, l'un de faire des choses mau-

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