‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 182 sur 364 · POSITION PRISE PAR ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

POSITION PRISE PAR ROBESPIERRE

0 terait un pareil système... La Convention n'est pas (i un faiseur de livres, un auteur de systèmes mélaphyu siques : c'est un corps politique et populaire chargé « de faire respecter non seulement les droits, mais le « caractère du peuple français. Ce n'est point en vain « qu'on a proclamé la Déclaration des Droits de « l'Homme en présence de l'Être Suprême. On dira tt peut-être que je suis un esprit étroit, un homme à (i préjugés; que sais-je... un fanatique ? J'ai déjà dit (( que je ne parle ni comme un individu, ni comme un « philosophe systématique, mais comme un repré- (( sentant du peuple : l'athéisme est aristocratique ; « l'idée d'un grand Être qui veille sur l'innocence et « punit le crime triomphant est toute populaire... »

(( Ne voyez-vous pas le piège que vous tendent les u ennemis de la République et les lâches émissaires u des tyrans étrangers ? En présentant comme Topi- « nion générale les travers de quelques individus et (( leur propre extravagance, ils voudraient nous rendre <c odieux à tous les peuples pour affermir les trônes « chancelants... les lâches ne veulent que réaliser les (( calomnies grossières doiit l'Europe entière recon- « naissait l'impudence, et repousser de vous, par les « préjugés ou par les opinions religieuses, ceux que la « morale et l'intérêt commun attiraient vers la cause « sublime que nous défendons ^. »

Le 3 frimaire, Danton, qui semble d'accord avec Robespierre, prononce à la Convention le discours

I. Moniteur, t. XVIIÏ, p. ^07. — Aulard, Le culte de la Haison, pp. ai 3-2 17.

LA PALINODIE DE CHAUMETTE qS

dont j'ai parlé pour soutenir le maintien des traitejnents ecclésiastiques ^

Le 3 cependant, la Commune vote son arrêté de proscription, mais dès le lendemain, Chaumette proteste contre la mention « sur les réquisitions du Procureur de la Commune » qu'on a inscrite en tête de l'arrêté. Il va demander au maire Pache de faire surseoir à TimprevSsion ^ ; le 5, il désavoue celte mesure; le ï 3 et le i4 il réclamera encore et rejettera les responsabilités sur d'obscurs comparses, comme Dunouy ; il ne veut pas accepter cette mesure qu'il condamne comme tendante à réveiller le fanatisme 3.

Il s'est élevé à ce sujet une curieuse controverse : les uns ont regardé la conduite de Chaumette comme une reculade et M. Aulard Ta traitée de palinodie *. M. Braesch a abondé dans le même sens^. Mais d'autre part MM. Guillaume^ et Mathiez "^ défendent Chaumette comme un juste perfidement accusé des fautes d'autrui. Je n'entends pas prendre parti dans ce débat; mais je demanderai si Chaumette. après son discours furibond du 3 frimaire, n'aurait pas mieux fait de rester à la Commune pour se rendre compte de l'effet produit; il entasse accusations sur accusations, monte

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