LA PALINODIE DE CHAUMETTE
les têtes et disparaît sans avoir l'air de se douter que lorsqu'on a semé le vent, il faut s'attendre à voir se lever la tempête. N*a-t-il pas encouru la responsabilité morale de l'arrêté odieux pris, non sur ses réquisitions, je l'admets, mais sur ses excitations ? La journée n'était pas achevée qu'il était informé de 1 émotion provoquée par cette tapageuse manifestation : Robespierre et Danton, qui prêchaient la modération et qui lavaient soutenu dans une circonstance récente, allaient regarder l'arrêté comme une déclaration de guerre. Peutêtre que c'est en prévision de ce mécontentement que Chaumette s'était préparé un alibi en annonç^uit qu'il se rendait au Comité d'Instruction publique, et, voyant que cela tourne mal, il lâche ses comparses avec autant d'empressement qu'il en aurait mis à revendiquer l'honneur de la mesure révolutionnaire si elle avait été approuvée en haut lieu.
Ce fut le signal du déclin des farces anti-religieuses dont la Convention était le théâtre. Le 6 frimaire, Danton fait à la séance de l'Assemblée une violente sortie: « Je demande, dit-il, qu'il n'y ait plus de mascarades « dans le sein de la Convention ; que les indi\idus qui « voudront déposer sur l'autel de la Patrie les dépouilles « des églises ne s'en fassent pas un jeu ni un trophée *. »» Le 8, Robespierre reprenait le même thème aux Jacobins : « 11 est venu des prêtres à la Convention faire (( de bonne foi le sacrifice de leurs titres. Ceuv-là « obtiendront notre estime ; ceux-là nous les sou lience drons. » Triste besogne que d'encourager l'apostasie