‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 186 sur 364 · I02 M. MILLE · texte numérisé non relu

I02 M. MILLE

celte accusation pour « non-apostasie », qui était dirigée contre lui. Il commença par ergoter quelque peu : — « Si je n'ai pas remis mes lettres, c'est que mes M fonctions de vicaire épiscopal étaient supprimées par « la loi du i8 septembre et je n'avais pas à renoncer à « des fonctions qui n'existaient plus » ; puis il ajoutait, plus courageusement : « Je n'ai pas remis mes (( lettres parce qu'aucune loi ne m'en faisait un devoir. « et que je me serais honteusement parjuré en rélracu tant les vertus morales, civiques et sociales que je « me suis toujours empressé d'enseigner depuis « 28 ans. » La section de la Cité écrivit donc à la section des Piques pour prendre la défense u d'un hon- « nête citoyen, coupable tout au plus d'avoir cédé à un « mouvement de curiosité en entrant dans le local où u se disait la messe. » Mais pour obtenir la restitution de sa carte. iM. Mille eut k s'adresser au Comité de Sûreté générale dans les papiers duquel j'ai trouvé les détails de cette affaire significative ^.

A l'autre extrémité de Paris, près de la barrière d'Enfer, se trouvait la chapelle de l'Institution chrétienne, ayant appartenu aux Oratoriens ; cette chapelle existe encore ; quoique désaffectée, elle fait partie de l'établissement des Enfants Assistés, et, de la rue Denfert-Rochereau, on voit son élégante façade, surmontée

I. Arch. nat., F"'. 6774*^- De 1795 à 1797, M, MiUe fut le premier collaborateur de M. Chevalier, qui avait rouvert i*cglise de Saitit- Gervais; mais, en février 1797, M. Chevalier ayant fait sa soumission aux vicaires généraux deM.de Juigné, M. MiUe se sépara de lui, car il. restait attaché aux idées constitutionnelles. Il m* se soumit que beaucoup plus tard et mourut on 181 7, ayant appartenu pendant quinze ans au clergé de Saint-Roch.

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d'un délicieux Enfant-Jésus. Mise en vente en 1792, cette chapelle avait été louée par un sieur Eloy, qui la mettait à la disposition du clergé catholique. Le culte y était très suivi, même aux plus mauvais jours de la Terreur, et les villageois de là banlieue Sud y venaient entendre la messe le dimanche. Le principal des prêtres qui y officiaient était l'abbé Clausse, ancien curé constitutionnel de Saint-André-des-Arcs, mais on ne put l'arrêter. Le 4 ventôse (2 a février 1794), furent conduits en prison trois ecclésiastiques desservant l'église : MM. Lhuillier, de Saint-André-des-Arcs, Durand, de Saint-Jacques-du-Haut-Pas et d'Aiguebelle, second vicaire constitutionnel de Saint-Roch *. On les accusait d'avoir provoqué des rassemblements dont l'exercice du culte n'était que le prétexte et on leur reprochait d'avoir dit la messe dans un local où se trouvaient des tombeaux « surmontés d'attributs féodaux », c'est-àdire des armoiries des personnages qui y étaient enterrés, et aussi d' « inscriptions suspectes », c'est-à-dire d'épi taphes écrites en latin. Les trois prisonniers en furent quittes pour une longue détention. M. Durand mourut en 1796, à 29 ans, d'une maladie de poitrine qui s'était aggravée pendant sa captivité ; M. d'Aiguebelle, plus menacé que ses confrères à cause de sa situation plus élevée dans le clergé paroissial, eut à se défendre énergiquement : dans un mémoire qui est à son dossier, il expose qu'avant la Révolution, il était simple chapelain d'hôpital, et qu'il avait spontanément offert de prêter le serment ; il avait dès lors vu arriver

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