‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 188 sur 364 · SAINT-ROCH EN I794 IO · texte numérisé non relu

SAINT-ROCH EN I794 IO

en rédigeant plusieurs mémoires où il tâchait de se faire passer pour plus mauvais encore qu'il ne Tétait. 11 déclame en faveur du divorce, du mariage des prêtres, affecte le langage de l'impiété et promet que s'il est mis en liberté, il se consacrera tout entier à la destruction du Fanatisme. Rien de tout cela ne lui servit : il fut guillotiné le a messidor ^

Son ami l'abbé Delamarre était un ancien célestin, originaire de Normandie : il avait assisté Gravier dans ses luttes contre leur curé ; son hostilité se manifestait par des tracasseries plutôt mesquines : ainsi, comme prêtre sacristain, il préparait pour la messe du curé ce qu'il avait de moins présentable en fait d'ornements. S'étant associé à la protestation contre la fermeture des églises, il fut mis en prison et on chercha dans son passé quelque grief qui put motiver son maintien en état d'arrestation ; voici ce qu'on trouva : quelques semaines auparavant il avait prêché sur l'observation du dimanche, alors qu'était déjà rendu obligatoire le calendrier républicain ; il y avait là, disait-on, une provocation au mépris de la loi, un appel à la désobéissance et un signe de tendances contre-révolutionnaires. De plus, on rappela que l'année précédente il avait réclamé contre l'interdiction de la messe de minuit. Cela suffisait pour établir qu'il était un fanatique, un révolté, un mauvais citoyen. Delamarre se défendit de son mieux : ce sermon qu'on lui reprochait, c'était un vieux prône composé depuis de longues années, et qu'il avait répété sans prendre garde qu'il pouvait être

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