‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 194 sur 364 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LA TERREUR (SuUe).

La dictature de Robespierre. — Prêtres constitutionnels condamnés à mort. — Prêtres insermentés condamnés à mort. — Les Dominicaines de la rue Saint- Etienne. — Les Carmélites de Compicgne. — La chapelle de Madame Bergeron.

On s'étonne, sachant les principes républicains des hommes de 1793, qu'un individu ait pu devenir alors, et pendant de longs mois, le plus autocrate des dictateurs. C'est pourtant le cas de Maximilien Robespierre.

Le procès et l'exécution de Louis XVI avaient eu pour conséquence la guerre : guerre étrangère et guerre civile. Devant ce double danger, la Convention s'était crue en droit de violer les articles fondamentaux de la Constitution et de centraliser à peu près tous les pouvoirs, afin d'assurer à la résistance l'unité de direction qu'elle jugeait indispensable. Ainsi se trouvait annihilée la portion d'autorité qui appartenait aux administrations départementales, mais celles-ci prolestèrent contre la confiscation de leurs pouvoirs au profit de Paris et il en sortit une troisième crise, dite du fédéralisme, qui était l'expression des susceptibi-

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lités provinciales, froissées par les agissements du gouvernement parisien.

En présence de cette dernière crise, la Convention ellemême s'était divisée, et deux partis rivaux s'étaient prononcés : d'accord quand il s'était agi de renverser la monarchie et de voter la condamnation du roi, animés des mêmes ardeurs révolutionnaires et des mêmes haines anti-religieuses, les Montagnards et les Girondins n'étaient pourtant séparés que par de simples antagonismes de personnes ; leurs divergences d'opinion reposaient sur une question de méthode : les Montagnards mettaient le salut public au-dessus des lois ; les Girondins cherchaient le salut du pays dans le respect de la loi.

Le département et la Commune de Paris étaient de petits états dans l'État, gouvernés par des Montagnards qui étaient particulièrement mal vus par les Girondins à cause de leurs procédés violents et arbitraires. Les Girondins les dénoncèrent à la Convention et jamais les divisions de l'Assemblée n'apparurent aussi profondes qu'en cette circonstance : c'est ce jour-là que les deux factions trouvèrent un moyen de se compter. L'issue allait être favorable aux modérés quand le 3i mai, la Commune fit investir la salle de la Convention par les sections armées et fit pencher la balance du côté de la Montagne. Le parti girondin fut anéanti : entre le 2 juin et le 3 octobre, il vit i ag de ses membres arrêtés, suspendus de leurs fonctions législatives * :

I. Le a juin, la Convention ordonna Tarrcstation de 7g députés. Le a8 juillet, 20 furent déclarés traîtres à la patrie. Le 3 octobre, ^i signataires de la protestation contre le coup d'état du 3i mai

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