‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 196 sur 364 · DE ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

DE ROBESPIERRE

main secourable *. Fait d'audace et de prudence, d'impudence et de dissimulation, c'est ce mélange de qualités et de défauts contradictoires qui le rendit fort : c'était un bilieux sachant se dominer, parce qu'il savait (ju'en se dominant il dominerait les autres. Du pouvoir, il ne recherchait pas les vaines apparences, mais les réalités. Depuis le Comité de Salut Public jusqu'à la plus infime société populaire, la France était enserrée dans les mailles enchevêtrées d'un filet qui la tenait captive, et la corde qui commandait tout, il la tenait dans la main ; cela lui sufïisait. C'est la jouissance des grands ambitieux de détenir le pouvoir pour lui-même, et d'en laisser dédaigneusement aux ^ous-ordres les mesquines satisfactions et les petits profits.

Robespierre avait devant lui deux oppositions : celle de gauche, conduite par Hébert, celle de droite, où Danton essayait de grouper les survivants de la Gironde. Par un coup double qui montre son extraordinaire habileté, il eût raison, en germinal, de ces adversaires : Hébert et ses principaux partisans furent guillotinés le 4 ; Danton, Camille Desmoulins, Hérault de Séchelles, Fabre d'Eglantine, Basire et Chabot furent condamnés le i5, et Chaumette le 24. Rien n'empêchait plus le Dictateur d'exercer un pouvoir absolu.

Ce régime a nom : La Terreur ; la peur tenait sous le joug les représentants échappés aux proscriptions (jui avaient décimé l'Assemblée ; la peur les poussait à

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