‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 203 sur 364 · I. Arch. Nat., W. 3G6, d. 818 (?.S floréal · texte numérisé non relu

I. Arch. Nat., W. 3G6, d. 818 (?.S floréal

a. Ibid., W. 360, d. 818 (ai messidor;. ~ Annales Catholiques, I, i3'i-i3d.

i3o i/abbé m\lbeste

b* 19 iiH!HAt(lor le nom de Fénelon fut appelé parmi rciix dofl viclimes d/'jà marquées pour le supplice — « Qti«l bonheur. »'écria-l-il, de mourir pour avoir fail p*(in devoir I c'o.hI mourir pour Jésus-Christ î » puis U w» mit h exiiorler ses compagnons au repentir, les dispndA k paraître devant Dieu, et, quand ils durent ^tre exécutés, il sollicita la faveur d'être guillotiné IcMh'rnIer, afin de pouvoir leur donner l'absolution à mesure qu'ils graviraient les marches de Téchafaud K Lors de la perquisition faite au Mont-Valérien, on avait trouvé dans la maison un individu mal velu qui, interrogé sur les motifs de sa présence en pareille compagnie, avait exhibé des papiers établissant qu il s'appelait Michel Martin, colporteur ; il montrait en effet un petit ballot de bas qu'il vendait de porte en porte. 0 n'est que beaucoup plus tard qu'on sut que le prétendu col[K)rteur n'était autre que l'abbé Malbeste. ancien vicaire* de Saint Paul. Après avoir refusé le serment, il avait vécu dans la maison d'une charitable chrétienne, Mme Dubos, rue des Tournelles ; après les massacres de Septembre, il avait quitté ce domicile où il était connu, et alors avait commencé pour lui une existence des plus mouvementées : tantôt il était traqué par la police, tantôt on perdait sa trace et il pouvait desservir sans péril un oratoire habilement dissimulé que fré(|uentaient seulement quelques initiés ; tantôt c'était lui qui sous le nom d'Henri Martin, officier de la garde Nationale, dirigeait les perquisitions, et naturellement. Il faisait soigneusement échapper les prêtres

I. Arch, Nul., \V. 3iU». il. 818 (^19 messidor). — innales Catho-

l'abbé malbeste i3i

qu'il était chargéde poursuivre. Curé de Sainte Elisabeth, en i8i3, il ne mourut qu'en i84i, à l'âge de 87 ans, et il avait bien de histoires plaisantes ou tragiques à raconter quand on le mettait sur le chapitre de la Révolution. Lorsqu'on l'arrêta en 1793, il préféra garder ses anecdotes pour lui : il se contenta de dire mystérieusement que « s'il nommait toutes les personnes qui l'avaient recueilli au cours de sa vie errante, il y aurait trop de monde de compromis». On remit à plus tard l'instruction de cette affaire compliquée, et le <) thermidor mit fin aux poursuites ^

En général, la discrétion qui sauva la vie aux prêtres insermentés pendant la Terreur eut pour effet délaisser tomber dans l'oubli la plupart des péripéties de leur -dangereux apostolat. Les dossiers du Comité de Sûreté générale ne nous renseignent qu'incomplètement, car lorsqu'ils furent arrêtés, ces prêtres donnèrent témoins de détails possible sur leur genre de vie. On peut cependant se faire quelque idée de leur existence en lisant les procès-verbaux concernant MM. Cifriez*, Doremus^, de Cagny*, de Laleu ^ Lachy^, qui tous devaient être appelés après le Concordat, à exercer les fonctions curiales à Paris.

Les aventures de l'abbé Magnin, de Saint Roch, sont particulièrement romanesques. U faisait le métier de

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