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LES VAINQUEURS DE ROBESPIERRE

s'affranchir des formes, et, comme Ta dit un autre révolutionnaire, Napoléon III, sortir de la loi x)our rester dans la légalité. Mais ce régime de l'arbitraire ne supposait pas la nécessité d'un tribunal d'exception, jugeant les suspects sans les. entendre, et les envoyant à la guillotine dressée en permanence. Ces violences auxquelles Robespierre s'était laissé acculer avaient jeté l'odieux sur le parti au profit duquel elles avaient été commises, et, par politique encore plus que par humanité, les Jacobins avaient fait cesser les exécutions en masse ; après la condamnation et le supplice des principaux robespierristes, on avait remisé la terrible machine, et, d'un commun accord, on avait décidé que les tueries ne recommenceraient pas.

La Convention dura quinze mois encore ^ et pendant cette période, elle devait aller à la dérive, subissant tour à tour l'action des deux partis rivaux qui se disputaient la prépondérance et influencée par les mouvements contradictoires de l'opinion publique. D'abord ce furent les anti-révolutionnaires qui eurent le dessus : les lois d'oppression furent rapportées 2, mais ces mesures réparatrices ne furent exécutées qu'avec timidité,

i. La Convention tint sa dernière séance le a6 octobre 1795 (4 brumaire an IV).

3. 18 thermidor. \joi ordonnant que les pensions ecclésiastiques seraient de nouveau payées et que les arriérés seraient comptés à partir de i" ^rminal, date de la suspension des paiements. — 9 et 27 thermidor. Réorpranisation de la Commune de Paris, dont les pouvoirs passent au\ Comités de la Conventicm. — 19 thermidor. Réorganisation de la Garde Nationale de Paris, désarmement des individus suspects de Terrorisme et suppression du commandement général. — 28 thermidor. Réorganisation du Tribunal Révolutionnaire. — 2 fructidor. Liberté de la Presse. — 7 fructidor (et

l5o RÉACTION THERMIDORIENNE

et Foiiquier-Tinville, plus désigné qu'aucun autre pour expier ses atrocités, pensa échapper à toute sanction: conservé tout d'abord à la tête du tribunal, il ne craignit pas de requérir contre ses anciens complices et les envoya à la mort avec cette froide cruauté qu'il avait montrée pendant la Terreur quand il s'agissait des innocents que Robespierre lui livrait ; il ne fut remplacé par Agier qu'au bout de quelques jours.

Par un revirement qui fut peut-être le résultat de secrets marchandages, les révolutionnaires se trouvèrent ensuite maîtres de la situation : ils en profitèrent pour procéder solennellement à la panthéonisation de Marat (21 septembre 1794, 5' sans culoltide an III) ^ ; mais en mars 1795. une loi de circonstance chassa Marat du Panthéon : on avait voté que seuls auraient droit à l'honneur réservé aux grands hommes, les citoyens morts depuis plus de dix ans, et Marat fut déterré.

i" ventôse). Suppression partielle des comités révolutionnaires. — la fructidor. Rappel des représentants en mission et restriction des pouvoirs de ceux cyai y seront envoyés à l'avenir. - ih fructidor. Nouvelle réorganisation de la Commune de Paris revenant en pratique à sa suppression complète. — 18 fructidor. Annulation de la loi du 37 germinal qui interdisait aux « ex nobles » et aux «exprétres » de résider dans les villes. — a5 vendémiaire an III. Interdiction aux sociétés populaires de se fédérer et de correspondre entre elles. — a a brumaire. Suppression définitive du Club des Jacobins. — 3o frimaire. Décret restreignant l'effet des lois contre les émigrés. — 3 nivôse. Abolition du Maximum, et des mesures pénales auxquelles il donnait lieu. — ag thermidor. Décret déclarant non-avenus les jugements rendus par le Tribunal Révolutionnaire du 3o mars 1793 au a8 décembre 1794 (8 nivôse an 111).

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