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SÉPARATION DE l'ÉGLTSE ET DE l'ÉTAT l5']
période, d'orateurs pour demander la suppression pure et simple des traitements des prêtres : à la séance du 31 brumaire, le lendemain de la fête de la Raison, une députation du Comité central des sociétés populaires avait soutenu que le culte étant une affaire privée, les dépenses du culte ne regardaient que ceux qui voulaient se donner ce luxe. Mais cette doctrine se produisait prématurément et la Convention, en passant à Tordre du jour sur la motion des pétitionnaires, reconnut encore une fois l'obligation de la Nation ^ Le 3 frimaire, après un grand discours de Danton, elle émit encore un vote de principe, mais il faut reconnaître qu'on s'en tint pour cette fois au principe et qu'on ne paya rien. Un décret du 6 germinal an 11,(36 mars 1794). arrêta que, vu la pénurie du Trésor, les pensions ne seraient plus payées jusqu'à nouvel ordre, à dater du I" germinal. Quant aux traitements, ils ne dépendaient ni de l'Etat, ni de la Convention, mais des communes, qui étaient libres de les payer ou de les suspendre ; un très grand nombre d'entre elles, stimulées et menacées par les comités révolutionnaires, s'étaient soustraites à cette obligation 2.
Après le 9 thermidor, cet état de choses fut modifié assez profondément : les traitements furent rétablis par les municipalités qui ne les avaient supprimés que par crainte d'être dénoncées pour fanatisme. Quant aux pensions, un décret du 18 thermidor décida