‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 216 sur 364 · VERS LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

VERS LA LIBERTÉ

député Baudin (des Ardennes) publia son opuscule w sur le Fanatisme* », qui contenait beaucoup de vérités nécessaires, et qui contribua à constituer à la Convention un groupe de députés catholiques.

Parmi les évoques qui appartenaient à l'Assemblée depuis 1793, il en restait quelques-uns seulement qui n'eussent ni renoncé aux fonctions ecclésiastiques, ni abjuré la prêtrise ; sous l'impulsion de Grégoire, ils reprirent courage, et se mirent à espérer. L'un d'eux, Royer, évêque constitutionnel de l'Ain, sortait à peine de prison, ayant été incarcéré le 4 octobre 1793, comme l'un des 78 députés suspendus de leurs fonctions : Saurine, évêque des Landes, proscrit comme Girondin, s'était longtemps tenu caché, mais venait de reparaître à la Convention * ; Audrein, vicaire épiscopal du Morbihan, avait adhéré au parti jacobin, et avait voté la mort de Louis XVI ; il s'associa cependant aux trois évêques, et des laïques, comme Durand de Maillane, Lambert, de la Côte d'Or, Baudin, Isnard et Lanjuinais, mirent au service de la Religion toute l'ardeur que naguère ils avaient déployée en faveur de la Constitution civile.

L'arrêt de la persécution avait eu ses conséquences immédiates sur la vie religieuse. Nous avons vu que les populations rurales, qui n'avaient fait que subir.

I. Bib. Nat., Lb lii/j6'ib. — Ann. delà Rel., I, p. 36-38. Dans ce n* des Annales est analysée la brochure du député Lambert de la Côte-d'Or (p. 3o) dans le même sens que les précédentes. — Voir aussi p. 106. La Festomanie^ par Didier Boissieu.

3. Royer cl Saurine avaient bénéficié de la loi du 18 frimaire (Arch. Nat., C 337, n» i/iS;).

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sans les approuver, les mesures prises contre le clergé, s'empressaient de rouvrir leurs églises et de rappeler leurs curés. Les prêtres déportés ou émigrés rentraient par centaines, et, avec une ardeur stimulée par une longue inaction, ramenaient à eux la grande majorité de leurs anciens paroissiens que les faiblesses et les scandales des jureurs avaient désaffectionnés de l'église constitutionnelle. En Auvergne, tout le clergé asser^ mente, plus ou moins déconsidéré depuis la Terreur, était balayé, et, avec Tappui des municipalités, les « réfractaires » reprenaient la direction des paroisses *. Les mesures décrétées par la Convention étaient restées lettre morte à peu près partout, et, si nous exceptons quelques régions déshéritées où Texcès du scandale avait amené l'indifférence, le culte reprenait son cours. Devant la réprobation générale, l'église constitutionnelle voulut interjeter appel de la condamnation que les foules prononçaient sommairement contre elle. A coté des indignes qui s'étaient éliminés d'euxmêmes, il y avait aussi parmi eux des hommes égarés par les préjugés, obstinés dans leurs opinions fausses touchant les règles de l'organisation ecclésiastique, mais aussi convaincus que le premier jour de la légitimité de leur mission, et décidés à faire jusqu'au bout ce qu'ils considéraient comme leur devoir. Si, revenant à d'autres sentiments, ils avaient consenti à se réconcilier avec les évéques légitimes, ils auraient apporté une force non négligeable à la cause commune.

i« Pisani, Répertoire biographique de Vipiscopai oonsiituiionnei, notice de Périer, évoque du Puy-de-Dôme. p. 3 16.

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