EAS LA LIBERTÉ
Mais c'étaient des esprits al tiers, rebelles à tout ce qu'ils appelaient des concessions ; leur orgueil n'ad" mettait pas qu'ils aient pu se tromper, et surtout qu'ils eussent à se soumettre aux humiliations d'une rétractation. Je suis obligé de dire que dans l'autre parti on n'usa pas toujours de prudence, de largeur d'esprit et de charité, ce qui n'était pas le moyen de préparer une réconciliation. Des orthodoxes traitaient tous les constitutionnels, sans exception, avec le môme mépris ; ils se permettaient de rebaptiser, reconfirmer et remarier tous ceux qui avaient eu recours au ministère des constitutionnels, et, sauf peut-être pour le mariage, (et encore n'est-ce pas absolument certain) ils se trompaient, puisque Rome reconnut par la suite la validité des ordinations, et môme des sacres faits dans l'église des assermentés.
Par l'obstination des uns, et Tintransigeance des autres, on arriva à rendre un semblant de vie à la défunte église assermentée. Défunte, elle Tétait, quoi qu'en aient dit certains écrivains : ce qui caractérisait l'église constitutionnelle, c'était qu'avant tout rattachée à la société civile, elle recevait du Trésor Public des traitements et indemnités diverses : or, ces subventions étaient supprimées. — Ensuite, ses ministres, évoques ou curés, recevaient leur titre du suffrage populaire exprimé par le corps des citoyens actifs choisis comme électeurs : or la Constitution nouvelle n'avait pas prévu des élections ecclésiastiques ; — bien plus, quand les évoques constitutionnels organisèrent des élections par un suffrage restreint aux membres des églises, mode de vota lion tout différent de celui que prévoyait